D’anciens salariés de BASF ont été à leur tour dédommagés hier pour leur préjudice d’anxiété.
La cour d’appel d’Amiens leur a donné raison dans son jugement du 4 octobre dernier : ce sont 127 anciens salariés supplémentaires de BASF, exposés à l’amiante, qui ont été dédommagés, à hauteur de 8 000 euros, par leur ex-employeur, en réparation de leur préjudice d’anxiété. L’indemnisation leur a été remise hier matin par l’avocate de l’ADVACC, l’association de défense des victimes de l’amiante de la chimie du Clermontois, Me Vrillac, qui les défend depuis presque onze ans maintenant.
« Ces chèques, nous avons eu du mal à les avoir, a-t-elle noté. BASF avait deux mois, à compter du 4 octobre, pour verser l’argent. Mais mardi dernier, rien n’était encore arrivé. Il a fallu passer quelques coups de fil en Allemagne pour que, vendredi, à midi, l’argent soit enfin disponible. »
Les cas des 25 derniers salariés à examiner
Car le montant total est conséquent : plus d’un million d’euros. Une somme qui s’ajoute à celle déjà versée aux quelque 90 victimes indemnisées lors des procédures précédentes. « Et BASF a jeté l’éponge dans le sens où il n’y aura pas de pourvoi en cassation vous concernant. La décision de la cour d’appel est donc définitive. »
Le travail de Me Vrillac n’est pour autant pas terminé : les cas de 25 derniers anciens salariés restent à examiner. « Je me souviens encore de ces cinq personnes, qui, il y a onze ans, ont poussé la porte de mon cabinet au nom de l’ADVACC. Je ne sais même pas comment elles avaient eu mon nom. Mais elles avaient entendu parler de préjudice d’anxiété à propos de l’amiante et cherchaient à en savoir plus. Moi-même, à l’époque, je ne savais pas grand-chose là dessus. »
Prud’hommes, cour d’appel, cour de cassation… « Il a fallu passer un certain nombre d’embûches, mais je suis très satisfaite aujourd’hui de pouvoir vous remettre ces chèques. » D’autant plus que les anciens salariés d’une autre grande entreprise du secteur (Bosch à Beauvais) ont, eux, été récemment déboutés par la cour d’appel. « Le droit du travail subit actuellement une attaque en règle et je ne vois pas pourquoi le contentieux amiante y échapperait » a prévenu l’avocate.
Évoquant le cas de la vallée de la Vère en Normandie, surnommée « vallée de la mort », « où les victimes n’ont perçu que 1 500 euros alors que l’amiante y tue toujours », Me Vrillac a fait part de ses craintes : « le vent tourne pour les salariés. Il devient de plus en plus difficile de gagner devant le conseil des prud’hommes. Je pense aux contentieux à venir. Il n’est pas certain que le préjudice des prochaines victimes soit reconnu comme le vôtre. »

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