
Attendu depuis l’épisode du Clemenceau, le rapport de la mission interministérielle sur le démantèlement des navires (MIDN) est paru fin mars. Il propose de traiter les navires militaires européens en fin de vie dans l’Union européenne, sans toutefois créer de filière de démantèlement subventionnée.
Marguerite Lamour, députée UMP du Finistère, a produit en janvier un rapport d’information sur le démantèlement des navires de guerre. «Je me suis vite aperçue que c’était l’occasion de réfléchir aussi au devenir des navires civils», indique-t-elle. Au niveau mondial, on dénombre en effet 45.000 navires marchands pour 5.000 navires militaires.
L’association environnementale les Robins des bois estime à 293 le nombre de navires vendus pour la démolition en 2006, dont près de 40% étaient sous pavillon européen ou de l’AELE. 57% sont partis au Bangladesh et 26% en Inde. «Les conditions de travail y sont déplorables et le littoral est pollué», souligne Jacky Bonnemains, président des Robins des bois.
Marguerite Lamour pense qu’«il y a matière à créer une filière subventionnée de déconstruction dans l’Union européenne». Elle «plaide pour une filière mixte (traitant à la fois les navires civils et militaires) et pérenne», considérant que certains ports français, qui ont des savoir-faire en matière de construction navale, pourraient y contribuer. «Une telle filière est pourvoyeuse d’emplois, que ce soit sur 5 ou 100 ans», affirme-t-elle.
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