dimanche 6 mai 2007

Cynisme meurtrier

Vers une coalition syndicale internationale pro-chrysotile
Pour la première fois, les syndicats des travailleurs de l'amiante-chrysotile de Russie, du Brésil et du Québec, notamment, pourraient former une coalition internationale pour défendre l'utilisation sécuritaire de ce minerai, principalement dans le domaine de la construction et des infrastructures urbaines.Telle est la décision à laquelle sont arrivés les participants à un colloque international sur le chrysotile, tenu la semaine dernière à Moscou. "Il y a déjà des regroupements de syndicats, mais cette fois-ci il y une résolution pour former une seule coalition internationale de syndicats", indique Serge Boislard, employé de Mine Jeffrey et délégué de la région d'Asbestos à la rencontre de Moscou.Il appartient maintenant aux centrales syndicales de décider si elles adhéreront à cette nouvelle coalition.
"Avec nous il y a avait Jocelyn Lavoie, permanent syndical à la CSD (dont fait partie le Syndicat national de l'amiante de Mine Jeffrey). Nous allons rencontrer la direction du syndicat pour voir ce qu'il faut faire", explique M. Boislard.Il ajoute que la FTQ, qui représente les travailleurs de LAB Chrysotile à Thetford Mines, dont un délégué était aussi présent à Moscou, devra elle aussi décider de la marche à suivre."À Moscou, le Dr David Bernstein (un toxicologue suisse de renom) a démontré chiffres à l'appui que l'utilisation du chrysotile n'est pas plus dangereuse que celle d'autres produits", dit M. Boislard.L'amiante-chrysotile, boycottée en Europe et au Japon, notamment, est visée par une campagne internationale en faveur de son interdiction totale en raison des dangers qu'elle présenterait pour la santé, selon plusieurs études.D'autres études, en revanche, démontrent que la fibre chrysotile ne présente pas de risque pour la santé si elle est utilisée de façon sécuritaire.
A part ceux qui n’ont jamais travaillé au contact de l’amiante, plus personne au monde ne croît encore à l’usage sécuritaire de l’amiante. Particulièrement ceux qui veulent encore en imposer l’usage. Mais leurs motivations réelles sont distinctes de leurs discours. Cela, nous l’aborderons plus tard.
Parmi ces utilisations dites « sécuritaires », figurent en bonne place l’amiante-ciment. Ce matériau qui est composé de 10% d’amiante et 90% de ciment. Il est certain que lors de la fabrication des plaques de couverture, notamment, les manipulateurs ne sont pas très exposés, car le matériau est mouillé en permanence. Mais lorsqu’il sort de l’usine, empilé sur des palettes, il sèche, et le problème commence à se poser.
A titre d’exemple, nous avons le cas de Monsieur DEMARIA.
Cette personne souffre d’insuffisance respiratoire. Non fumeur, il parle de son problème au médecin du travail qui lui prescrit un scanner. Le résultat confirme les inquiétudes : Nombreuses et volumineuses plaques pleurales calcifiées et asbestose.
Le médecin de Monsieur DEMARIA fait une déclaration de maladie professionnelle à la Sécurité Sociale qui est refusée par la commission d’enquête.
Monsieur DEMARIA a fait toute sa carrière professionnelle chez des marchands de matériaux de construction, comme magasinier et chauffeur livreur. La commission a considéré qu’il n’avait pas été exposé à l’amiante sur son lieu de travail.
Si ces personnes s’étaient simplement transportées sur le lieu de travail, ils auraient constaté que jusqu’en 1996 ( depuis cette année, les plaques de couverture ne contiennent plus d’amiante ), les marchands de matériaux détaillaient et livraient les plaques. L’opérateur était généralement seul et faisait glisser une plaque sur l’autre pour les déplacer d’une palette sur l’autre, où d’une palette vers le camion ou la voiture du client.
Compte tenu de la rugosité des plaques, chaque manipulation dégage de la poussière composée à 90% de ciment et 10% d’amiante. Ce geste répété des milliers de fois, toute personne censée comprend pourquoi les poumons de Monsieur DEMARIA sont dans cet état.
C’est entre autres cela, que les pro amiante appellent l’usage sécuritaire de l’amiante non friable.
Marc Chapelet

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