samedi 20 octobre 2007

« Qui sait, peut-être qu’il ne me reste que quatre ou cinq ans à vivre. »

« On fabriquait des aciers fins et spéciaux pour les trains, les forages. Nous étions vêtus d’amiante pour nous protéger de la chaleur, et tout ce que nous manipulions en contenait. Nous avons déjà recensé 400 victimes, et 65 décès. Pourtant, le site n’est pas classé sur la liste qui ouvre droit à la cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante.
Pour ma part, j’ai des plaques pleurales, et j’ai perdu deux frères, emportés par un mésothéliome. Ils étaient dockers. J’entends dire que, pour le patronat, les plaques pleurales ne sont pas une vraie maladie.
Si c’est le cas, qu’ils prennent mes plaques pleurales, mes problèmes de souffle, et mes 65 % de salaire. Ils voudraient aussi revenir sur la faute inexcusable de l’employeur, qui nous permet d’être indemnisés correctement. Ils voudraient partager la responsabilité des maladies liées à l’amiante avec les salariés. Je ne sais pas du tout ce que l’avenir me réserve. Qui sait, peut-être qu’il ne me reste que quatre ou cinq ans à vivre.
»
Claude Tange,
ancien sidérurgiste, président de l’Association des victimes de l’amiante de la société Ascometal de Dunkerque.

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