mercredi 30 janvier 2008

Agen. Le compte à rebours des malades de l'amiante


Pas un mois sans une audience de tribunal concernant un salarié qui demande réparation

C'est un triste cas d'école. Hier, Pierre Lesage, un agent d'EDF, a attendu, puis entendu qu'il aurait à se présenter à nouveau le 25 février prochain devant le tribunal d'affaires de Sécurité sociale (TASS). Il attend depuis 2000 d'obtenir gain de cause face à son ancien employeur, qu'il accuse de faute inexcusable.
Fautive, EDF, selon le CERADER, de n'avoir pas protégé ses salariés, et en l'occurrence Pierre Lesage, d'une contamination à l'amiante lors qu'il était employé sur le site de la centrale d'Ivry, en banlieue parisienne. L'un de ses collègues, agent d'Électricité de France également, a lui obtenu la condamnation.
Le TASS lui a octroyé hier la somme de 15 000 €.
Pierre Lesage, lui, devra attendre un mois supplémentaire pour entendre de nouveau la plaidoirie de son avocat et celle de la partie adverse. « C'est insupportable d'attendre », martelait hier René Vincent, porte-parole du Collectif, venu en bus de Dordogne.
trois autres cas
Quand Pierre Lesage a entamé ses démarches pour obtenir réparation, seul le Cérader 24 existait. Depuis, deux cellules ont été créées en Lot-et-Garonne. Ce n'est pas un hasard si ces antennes départementales se sont implantées à Vianne (pour la verrerie) et à Fumel (pour la métallurgie).
En l'espace de quelques mois depuis la fin 2006, les dossiers se sont amoncelés sur le bureau des bénévoles, qui sont souvent d'anciens salariés de l'entreprise visée par la procédure. Jaochim Patino, l'un des anciens délégués syndicaux de la verrerie, s'est porté à la tête du CERADER d'Albret. Déjà trois cas de « faute inexcusable » de l'employeur jugés en 2007, un quatrième pour lequel on attend la décision du TASS, et trois autres en préparation. « La difficulté majeure, explique Joachim Patino, ce sont les délais de la Caisse primaire d'assurance maladie, dont les résultats tardent souvent à venir ». En 2004, un salarié de la verrerie décédait. Sa mort est directement imputée à l'amiante de la verrerie, elle est reconnue comme étant liée à une maladie professionnelle. « Mais sa veuve a attendu trois ans pour obtenir de toucher une pension ».
demande de classement
Au-delà des cas individuels qui se multiplient, le CERADER de l'Albret a déposé une demande de classement de la totalité du site de la verrerie. Le dossier a été bouclé en octobre dernier et attend la réponse des pouvoirs publics. « Ce classement permettrait aux salariés qui ont travaillé à la verrerie de bénéficier d'une cessation anticipée d'activité », poursuit Jaochim Patino (lire ci-contre).
Cela a déjà été fait pour le personnel de l'ex-Sadefa à Fumel, où le décès de deux salariés au moins a été reconnu comme étant directement lié à l'exposition aux poussières d'amiante. Là aussi, la Sécurité sociale, la justice, a reconnu la faute de l'employeur.

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