samedi 26 janvier 2008

Le collectif amiante de Sico passe la main


Après dix ans d'action, il passe le relais à la Fnath, avec la satisfaction d'avoir fait avancer la cause des salariés exposés à l'amiante. Bilan avec Jean-Pierre Duval.
Alors, le Collectif amiante Sico-Bendis-Freudenberg, c'est fini ?
Jean-Pierre Duval, porte-parole du collectif : « Il y a dix ans, quand, à une douzaine de retraités dont pas mal de syndiqués, nous avons constitué le collectif, nous voulions défendre les salariés exposés à l'amiante. Sur les deux sites (1), ils ont été entre 3 000 et 4 000 à y passer de quelques mois à plusieurs années. Dès le départ, notre objectif n'était pas de les assister mais de leur donner tous les éléments pour qu'ils soient maîtres de leur dossier. Alors nous nous sommes plongés dans la réglementation. Et nous les avons informés sur la reconnaissance de maladie professionnelle, le suivi. Et l'indemnisation. Là, nous sommes arrivés au terme de la mission que nous nous étions fixé.
Ça n'a pas dû être facile au début !
Ça non ! C'était la conspiration du silence. Et puis au fil du temps, avec la sécurité sociale, on a bien travaillé. Aujourd'hui, la CPAM de la Sarthe est même très performante sur ce dossier. On a fait reconnaître 200 personnes en maladie professionnelle. Dans le même temps, 100 autres sont décédées. On a aussi réussi à obtenir que l'ensemble du site soit considéré comme pollué par l'amiante : bureau d'études, compta, comme l'atelier. Les salariés ont ainsi gagné ainsi quatre mois de retraite par année d'exposition.
Vous avez aussi gagné un procès ?
Ce n'est pas nous directement, mais le Fiva, le Fond d'indemnisation des victimes de l'amiante. C'est lui qui complète ce qu'alloue la sécurité sociale en fonction de l'invalidité reconnue. Son premier dossier concernait 11 salariés (dont 7 étaient décédés). Le procès a été gagné pour faute inexcusable de l'entreprise. Pourtant, ce n'est pas elle qui a payé, mais un fonds auquel contribuent tous les employeurs. Un autre procès a eu lieu hier (mercredi) devant le tribunal des affaires sociales du Mans. C'est important pour les réparations. Notamment pour le conjoint survivant qui touche ainsi 100 % de la rente.
Quel bilan tirez-vous de ces 10 ans ?
Nous pensons avoir fait du bon boulot. Maintenant, nous passons le relais à la Fnath (association des accidentés de la vie) qui a une vraie compétence dans le domaine. Avant de dissoudre le collectif, nous avons édité un document de 20 pages qui récapitule le droit des victimes et les procédures à suivre pour les faire appliquer. Nous le distribuerons à nos 500 adhérents.
Propos recueillis par Laurence PICOLO.
(1) Avenue de la Libération et avenue Pierre Piffault au Mans.
Ì Le collectif amiante Sico-Bendis-Freudenberg tiendra sa dernière assemblée générale jeudi 31 janvier, à 14 h, salle Jean-Carmet à Allonnes.

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