samedi 26 janvier 2008

Trois écoles primaires seront désamiantées d'urgence


GENEVE. En Ville de Genève, tout est à refaire: les expertises qui avaient été menées en 2001 ne sont pas fiables. Un crédit de 700 000 francs est nécessaire pour assainir trois établissements cet été déjà. Ce sera ensuite au tour des crèches et des maisons de quartier.
Le Cycle du Foron n'était qu'un début. Depuis que deux membres du personnel de cet établissement genevois ont été gravement atteints dans leur santé à cause de l'amiante et l'ont fait savoir, les autorités se réveillent. C'est désormais au tour des écoles primaires, des crèches et des maisons de quartier d'être passées au peigne fin, et désamiantées d'urgence dans plusieurs cas. La Ville de Genève a annoncé hier que des travaux d'assainissement seront entrepris cet été déjà dans trois écoles: Vieusseux, Crêts-de-Champel et Contamines. Coût de l'opération: 700 000 francs. Et les 65 établissements de la petite enfance feront l'objet d'expertises. Tout recommencer à zéro C'est que dans la commune de Genève, tout doit être recommencé à zéro, malgré les bonnes intentions affichées. Déjà préoccupée en 2001 par la problématique de l'amiante, la Ville avait mandaté une société pour expertiser ses établissements scolaires. Mais depuis, les résultats se sont avérés non fiables, explique Simone Irminger, cheffe du Service des écoles et institutions pour l'enfance. «Nous devrons déterminer si la seule évolution des connaissances dans le domaine explique les lacunes ou s'il s'agit d'une mauvaise prestation.» Car on sait désormais que l'amiante pose problème sous d'autres formes que le flocage. Au Service de toxicologie industrielle et de protection contre les pollutions intérieures (Stipi), Vincent Perret affirme que l'entreprise a travaillé «à la va-vite, comme ça se faisait à l'époque. Le cahier des charges édicté par notre service n'existait pas encore.» Le collaborateur du Stipi estime d'ailleurs que le même risque «d'expertises partielles» se profile dans le canton de Vaud (lire ci-dessous). Vingt-trois écoles touchées C'est un peu par hasard, lors de travaux effectués sur les luminaires de l'école des Crêts-de-Champel en 2006, que la Ville a été alertée par la présence suspecte d'amiante. Les autorités ont alors décidé de faire analyser 26 écoles à risque sur les 53 que compte la Ville: celles construites avant l'interdiction du matériau cancérigène en 1991. Verdict: 23 nécessitent des interventions. Souvent anodines, assure la commune. Mais trois feront l'objet de travaux d'urgence: Vieusseux, où la première étape de changement des faux plafonds a déjà été réalisée l'été dernier; les Crêts-de-Champel, où la salle de cinéma devra être assainie; et le bâtiment A des Contamines, dans lequel l'ensemble des faux plafonds devra être changé. Le Service des écoles fera un appel d'offres aux rares entreprises spécialisées et demandera un crédit de 600000 à 700000 francs au parlement. La priorité aux enfants Ce n'est pas tout. La Ville de Genève a décidé d'étendre les expertises à toutes les écoles, aux crèches et maisons de quartier. «Cette étude débouchera sans doute sur une deuxième demande de crédit d'ici à la fin de l'année», selon la commune. Particulièrement délicat, le cas des crèches a-t-il été négligé jusqu'à présent? «Il aurait été évidemment mieux de les expertiser plus tôt, mais on ne pouvait pas tout faire en même temps», rétorque Simone Irminger. Au Stipi, Vincent Perret affirme que «les enfants doivent être traités en priorité, car ils sont plus sensibles. Des études démontrent que plus on est exposé tôt à l'amiante, plus on développe facilement des cancers.» 40% de communes inactives Difficile de savoir ce qui se passe dans les autres municipalités. Autonomie communale oblige, le canton ne peut pas les contraindre à expertiser leurs écoles. Selon Vincent Perret, 40% des communes n'ont encore strictement rien entrepris à Genève. Hier, au point de presse hebdomadaire du Conseil d'Etat, le président socialiste Laurent Moutinot confessait d'ailleurs ne même pas avoir eu connaissance de la liste dressée par la Ville de Genève. En Suisse, il n'y a pas d'obligation de déclarer la présence d'amiante dans les bâtiments. Qu'en est-il des personnes qui ont effectué toute leur scolarité dans des établissements amiantés? Selon Vincent Perret, «c'est un problème de santé publique, qui nécessite une solution globale dans tous les établissements publics et privés contenant de l'amiante. L'Etat y travaille.» Et n'exclut pas de contraindre chaque personne qui fait des travaux à s'engager à assainir. En attendant, le Cycle du Foron fait figure de projet pilote. En plus du vote d'un crédit de 10 millions pour assainir les lieux cet été, un vaste programme médical a été mis sur pied: plusieurs centaines de membres et ex-membres du personnel ayant passé plus de dix ans au Foron seront radiographiés. Selon Vincent Perret, la découverte de nouveaux cas de maladie est «fort possible». Le lien avec l'amiante présent dans le cycle sera alors définitivement établi.

Aucun commentaire: