dimanche 13 janvier 2008

Les chômeurs du GADE et les anciens d'Alstom écoutés par l'Elysée

La visite du président Sarkozy à Lille hier a donné lieu à toute une série de demandes d'entrevues d'associations ou de structures, soucieuses de faire connaître leurs doléances au chef de l'Etat et à son entourage. Parmi les personnes reçues par un conseiller de l'Elysée, les anciens salariés d'Alstom victimes de l'amiante, suivis d'une délégation du GADE de Paul Destailleur.
Que peut-on espérer d'une demi-heure en tête-à-tête avec l'un des conseillers du président ? Une prise de conscience ? Un déclic ? C'est dans cet espoir que les Gaulois Energix puis les demandeurs d'emploi du GADE (groupe d'action demandeurs d'emploi) ont rencontré M. Weil, conseiller de l'Elysée pour les affaires sociales, hier.
Du côté des Gaulois Energix (ex-Stein), les premiers à ouvrir le ban hier matin, on rêvait plutôt d'un déclic salutaire, sans se faire cependant trop d'illusions. Habitués à forcer les portes des élus (Alain Juppé en 2003, Jean-Paul Delevoye, alors médiateur de la République, Ségolène Royal en 2007 lors de la campagne présidentielle... et bien d'autres), ils savent de longue date qu'il ne suffit pas d'être reçu et écouté pour être entendu.Ils ont d'ailleurs déjà été reçus en 2003 par un conseiller de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, lors de la liquidation de l'entreprise : « On en a rencontré des petits, des moyens et des gros depuis 2003 mais en vain, on nous tient toujours le même discours, on nous écoute et après on demeure dans l'attente. », soupire Jean-Luc Poteau, porte-parole des Stein, de retour de Lille.Hier, devant Sébastien Weil, conseiller de Nicolas Sarkozy chargé de l'emploi, ils ont rappelé en 30 mn d'entretien, les étapes de leur histoire, leur combat d'aujourd'hui : la crainte sur l'ACAATA (allocation de cessation anticipée d'activité des travailleurs de l'amiante), leur demande à Alstom de la liste des salariés du site Stein, d'une attestation d'exposition à l'amiante et d'un suivi médical post-professionnel adapté. Jean-Luc Poteau a aussi demandé à avoir un bilan des travaux de la cellule amiante créée en janvier 2006 par l'Etat. Il a enfin souhaité que le chef de l'Etat rencontre « sur place » les veuves de Dunkerque qui prévoient une nouvelle marche en mars et se sentent toutes aussi « oubliées ».Paul Destailleur a lui expliqué au conseiller entre autres que la vie était impossible pour les bénéficiaires du RMI, de l'ASS, parfois aussi de l'allocation chômage. Sébastien Weil l'a reconnu, mais a précisé qu'on ne pouvait concevoir que ces revenus soient supérieurs au revenu d'activité, en clair, au SMIC. « Il n'y a qu'à augmenter le SMIC ! » a lancé le chef de file du GADE, qui n'a pas été autrement surpris d'entendre un « pur discours Sarko : y'a k'a, mais sans moyens ». Déçu par ses trois-quarts d'heure d'entretien : « On a été reçus, on a marqué le coup. Il a pris nos propositions sur l'aide au retour à l'emploi. Maintenant, ce que ça va devenir... » •
"Je serai toujours du côté des victimes" avait déclaré Nicolas SARKOZY pendant la campagne électorale.
S'il associe ses actes à ses mots, nous n'avons rien à craindre.

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