lundi 28 janvier 2008

Victime de plaques pleurales après une exposition à l'amiante

Pendant une quinzaine d'années, Didier Fresneau, 57 ans, a respiré de la poussière d'amiante. Aujourd'hui, il est victime de plaques pleurales, des lésions de la plèvre pariétale qui apparaissent en général plus de 15 ans après la première exposition à l'amiante.
"Je suis entré aux aciéries d'Imphy en janvier 1975", a-t-il raconté au quotidien "Le Journal du Centre" paru vendredi. "J'étais fumiste, un travail qui consistait, avec d'autres, à démonter les poches des fours au marteau-piqueur". Or, ces plaques en amiante dégageaient alors d'importants nuages de poussière.
"Parfois, on ne voyait même plus les fours et nous n'avions ni ventilateur, ni extracteur, encore moins de masque pour nous protéger", alors que lorsque l'amiante est cuit, les microparticules pénètrent encore plus facilement dans les voies respiratoires.
"On crachait noir et on avait la gorge sèche. Mais on avait de l'eau à volonté. Tout le monde travaillait comme ça à l'époque et il aura fallu attendre la fin des années 90 pour que les masques de protection arrivent. Mais le mal était fait", a-t-il continué.
Didier Fresneau a exercé ce métier pendant une quinzaine d'années. Lors de ses visites médicales régulières, rien n'a été décelé. Pourtant, "en 1999, j'ai réclamé de passer des radios et un scanner. C'est là que l'on a découvert que j'avais des plaques pleurales, dont certaines sont calcifiées".
"Faute inexcusable" de l'employeur
Après que sa maladie ait été reconnue "maladie professionnelle" en 1999, le 16 novembre 2007, la "faute inexcusable" de son employeur a été confirmée en appel. Suite à ce jugement, la société qui l'employait doit lui verser une indemnité.
"Il a touché ce dédommagement en 2007, mais comme toujours dans ces cas-là, c'est la Sécu qui a avancé l'argent", a indiqué le Comité amiante prévenir et réparer (Caper) au quotidien. "En clair, ce sont tous les employeurs qui, par leurs cotisations, payent".

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