mercredi 4 février 2009

Alerte à l'amiante derrière le collège

Le portail principal a été soudé, mais l'entrée piétonne, elle, est en accès libre. Derrière les grilles et les herbes folles, l'ancien bâtiment du collège du Roy d'Espagne (9e), qui jouxte le terrain de sport du nouveau collège, n'a plus de vitre. À l'intérieur, le faux plafond éventré laisse apparaître des traces blanches et noires. « Voilà l'amiante, assure Victor-Hugo Espinosa, président du réseau Ecoforum. A l'air libre ! » De quoi inquiéter les parents d'élèves, qui se sont donnés rendez-vous hier devant la bâtisse pour dénoncer cette situation.
« Le bâtiment est à l'abandon depuis décembre 2006, raconte Jean-Pierre Thomas, président du conseil local de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE). Depuis, son état se dégrade et les lieux sont régulièrement visités, y compris par des collégiens. Or, nous avons eu connaissance d'un rapport de 1996 rédigé par l'Institut Pasteur de Lyon qui met en évidence la présence d'amiante dans la bâtisse. » Si à l'époque, le matériau est à l'état passif (non dangereux), « le pillage des locaux et leur dégradation fait qu'aujourd'hui, les fibres d'amiante volent partout », note Victor-Hugo Espinosa.
La FCPE a adressé plusieurs courriers demandant la sécurisation du site et son désamiantage à la ville de Marseille, propriétaire des lieux. La question sera tranchée le 30 juin, lors du conseil municipal : la ville, qui souhaite céder le terrain à la société Provence Habitat pour y construire des logements, propose « la mise à disposition anticipée des lieux » à la société « pour mise en oeuvre immédiate du désamiantage et de la démolition du bâtiment ». « Si les travaux ne sont pas faits cet été, nous demanderons au rectorat de ne pas ouvrir le collège à la rentrée », menace déjà Jean-Pierre Thomas.
Pour Victor-Hugo Espinosa, le cas du Roy d'Espagne est « l'exemple-type du laxisme des autorités dans la prise en compte des risques ». « Beaucoup de collèges et lycées en France sont concernés par l'amiante, souligne-t-il. Elle est à l'état passif, mais en cas de travaux, toute manipulation non encadrée serait dangereuse. C'est pourquoi chaque chef d'établissement doit disposer du diagnostic technique amiante (lire encadré). Eux seuls seront les garants du respect des procédures. »
Source : http://www.20minutes.fr

Aucun commentaire: