mercredi 4 février 2009

les deux premiers dossiers d'Akers-Berlaimont devant la justice

Portés par l'association de Leval ADELVA, les deux premiers dossiers de victimes de l'amiante, anciens ouvriers de l'aciérie-fonderie Akers de Berlaimont, ont été plaidés hier matin devant les juges du tribunal des Affaires sociales de Valenciennes. Le délibéré sera rendu le 26 septembre.
« Vous savez, j'attends ce moment depuis 1993 », chuchote, ému, Serge Vasseur, secrétaire de l'association ADELVA, dans la salle d'audience du tribunal de grande instance de Valenciennes. Dans la pièce étroite au décor grand siècle, seule une dizaine de personnes, au plus près des deux dossiers, ont pu rentrer sur la quarantaine de sympathisants partis en bus le matin même de Leval.
Le moment est historique pour l'association de défense des victimes de l'amiante de Sambre-Avesnois (ADELVA), présidée par Jacques Thurette, et créée il n'y a même pas un an. C'est l'aboutissement de longs mois de travail en étroite collaboration avec Me Laforgue, du cabinet parisien de Me J.-P. Teissonière qui s'est spécialisé dans les affaires d'amiante, et dont l'objectif est de faire reconnaître « la faute inexcusable de l'employeur ».
De longs mois de patience aussi puisque les dossiers ont été reportés plusieurs fois depuis 2007, « en raison des débats compliqués et évolutifs entre la caisse et l'employeur », a tenu à préciser la présidente en début d'audience pour lever tous malentendus.
Devant des juges attentifs, Me Laforgue a présenté le douloureux dossier d'un ancien ouvrier d'Akers-Berlaimont, M. Reczynski décédé en 2006, à 56 ans. « L'homme a travaillé de 1974 à 1976, puis de 1979 à 2004, chez Marechal-Ketin, devenu Forcast en 1981, puis Akers en 2001.
» En 2005, atteint d'un cancer broncho-pulmonaire depuis un an, l'ouvrier est licencié par son employeur pour « inaptitude ».
L'avocat a rappelé que des plaques pleurales, affections spécifiques de l'exposition à l'amiante, avaient été diagnostiquées en 1996 chez la victime. Pour dégénérer ensuite en cancer en 2004, maladie qui coûtera la vie à M. Reczynski deux ans plus tard, « après une lente agonie »...
Me Laforgue a détaillé toute la chaîne de fabrication des cylindres de laminoir et l'utilisation systématique et quotidienne de l'amiante lors de plusieurs étapes du process, comme le moulage et le démoulage. Argument imparable, il a mentionné les propos tenus en 1996, lors d'un comité d'entreprise, par le directeur de l'époque lui même, Bruno Carmona. Ce dernier affirmait : « l'amiante est utilisée partout chez Akers ».
L'avocat a noté également l'absence de protections, collectives ou individuelles, sur le site berlaimontois.
M. Hoel, ex-Akers
Me Laforge a ensuite amené le dossier de M. Hoel, présent avec son épouse dans la salle. Lui aussi a manipulé et respiré durant toute sa carrière chez Akers, de l'amiante. En 2006, des plaques pleurales « dont certaines calcifiées » ont été découvertes chez ce retraité qui souffre désormais d'essoufflement, d'irritabilité... Et qui doit vivre avec l'effrayante éventualité d'une dégénérescence des plaques pleurales en cancer broncho-pulmonaire. •
Source : http://www.lavoixdunord.fr

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