Le combat des malades est long. Surtout lorsque l’employeur conteste les procédures. C’est le cas des salariés de l’aciérie Aubert et Duval des Ancizes (Puy-de-Dôme).
Atteint d’épaississements pleuraux (affection pulmonaire due à l’exposition prolongée à l’amiante), Bernard Pourtier, cinquante-huit ans, bénéficie d’une « retraite amiante » depuis 2005. Pour cet ancien électricien de l’usine Aubert et Duval des Ancizes (Puy-de-Dôme), société qu’il a d’ailleurs attaquée pour faute inexcusable, la reconnaissance de sa pathologie en maladie professionnelle a été un véritable parcours du combattant ; et ce n’est malheureusement pas terminé, l’entreprise de métallurgie dans laquelle il a travaillé trente-cinq ans usant de tous les moyens pour indemniser le moins possible les victimes. Dernier exemple en date : en préambule à l’expertise médicale demandée par le tribunal pour évaluer le montant de son préjudice subi, Bernard Pourtier a été accueilli par un éminent pneumologue parisien - spécialisé en tabacologie - qui s’est présenté à lui ainsi : « Je suis le docteur Dautzenberg. Je suis envoyé par Aubert et Duval. Je suis votre ennemi », se souvient Bernard Pourtier. Au cours de la consultation, ce dernier s’est ensuite entendu dire que ce qu’il ressentait, « c’est tout dans la tête » et qu’il faisait « une phobie ». Il est ressorti du cabinet avec un conseil d’ami : repasser un scanner pour être « enfin rassuré ». Exit, donc, les fréquentes douleurs thoraciques et le sentiment constant d’essoufflement. La reconnaissance de sa pathologie par la justice et la Sécurité sociale, scanners à l’appui ? Balayée d’un revers de main par le professeur, qui lui a répondu : « Vous savez, les médecins conseils de la Sécurité sociale, ils n’y connaissent rien », rapporte Bernard Pourtier.
Lui aussi ancien ouvrier d’Aubert et Duval, également en retraite amiante, François Porte, cinquante-quatre ans, a découvert au cours de son expertise médicale qu’il souffrait non pas de l’amiante, mais d’une « maladie de l’image ». « Le médecin qui m’a reçu a affirmé que j’aurais pu continuer à travailler. Mais moi, sachant que j’ai cette cochonnerie dans les poumons, pas question de rester là-haut à respirer ces saletés. Si on nous renvoie chez nous à cinquante ans, c’est bien qu’il y a une raison », s’emporte-t-il. Daniel Touret, lui, a été confronté à un médecin mandaté par Aubert et Duval mais aussi à un huissier. Une présence qui, dixit l’intéressé, lui a « coupé » tous ses « moyens ». « C’est comme si j’étais coupable, que j’étais à un interrogatoire », raconte cet homme vigoureux, qui s’est senti « rabaissé », « incapable de dire quoi que ce soit ». « Ce qui me chagrine le plus, c’est que j’étais là pour une expertise. Et lors de cette consultation, on m’a dit que mes plaques pleurales calcifiées, ce n’était en fait que des os. »
LA PEUR DE MOURIR TRÈS PROCHAINEMENT
Quant à l’angoisse de la maladie, la peur de mourir, il n’en est fait aucune mention dans ces expertises. Pourtant, tous ces solides gaillards ont peur. Et ils ne cessent de le dire. Extrait du rapport d’expertise du tribunal des affaires de Sécurité sociale (TASS) du Puy-de-Dôme de Claude Giraud, cinquante-cinq ans, fondeur chez Aubert et Duval de 1982 à 2004, atteint d’asbestose (déficience respiratoire aiguë) : « Au plan moral, M. Giraud dit avoir peur de présenter la même maladie que son père, qui est décédé à l’âge de soixante et un ans, et son oncle, et bien d’autres. Il se dit anxieux, a des doutes sur l’avenir. Il dit dormir difficilement. » Autre personne, autre rapport, même témoignage : celui de Franck Barse, cinquante-quatre ans, ouvrier de 1972 à 2004, aujourd’hui en retraite amiante : « Je suis très démoralisé par cette maladie et j’ai vraiment peur d’en mourir sans tarder. J’ai un bon collègue qui a été emporté en quatre mois par un mésothéliome du péritoine à cinquante-six ans. (…) J’estime qu’il ne me reste que peu de temps à vivre. Je stresse énormément de jour comme de nuit. Je dors mal, (…) il me semble que j’étouffe. J’ai même parfois des envies de suicide. J’ai été contraint de quitter l’entreprise suite à ma maladie, et j’ai donc eu une grosse perte de salaire, ce qui me donne un stress supplémentaire », précise-t-il dans le procès-verbal. Lors de son expertise médicale, Franck Barse dit avoir, lui aussi, à subir le « cynisme » du professeur mandaté par son ex-employeur, qui a « minimisé » ses atteintes pleurales.
À quarante-huit ans et demi, Christian Mogilka est déjà en maladie professionnelle, et ce depuis plus de deux ans. Ce technicien de maintenance attend avec impatience ses cinquante ans pour partir en retraite amiante. D’autant que « depuis qu’il a connaissance de sa maladie, il n’a pas d’avenir et ne sait pas s’il parviendra à la retraite », comme il est noté dans le rapport d’expertise du tribunal. Expertise où lui aussi a vu sa pathologie minorée. « Quand j’ai parlé de mon essoufflement, on m’a répondu que c’était à cause de ma surcharge pondérale », déplore-t-il, laminé par de telles considérations.
Pour le moment, ils sont une douzaine de malades, salariés ou ex-salariés d’Aubert et Duval, reconnus par la Sécurité sociale et la justice, à être passés par cette expertise. Et pour pratiquement tous, les souffrances endurées - qui serviront à évaluer le montant de l’indemnisation du préjudice - ont été quantifiées à… 2 sur une échelle allant de 1 à 7. Autant dire pratiquement la note minimale.
Le tort de ces salariés malades, c’est d’avoir osé attaquer Aubert et Duval pour faute inexcusable. « On ne veut pas faire fermer l’usine, comme nous accusent certains. Ce qu’on veut, c’est que l’individu soit reconnu avant le profit », insiste François Porte. « On n’aura pas forcément plus (d’argent - NDLR) que ceux qui ont opté pour le fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante (FIVA). Nous voulons juste que la justice reconnaisse qu’Aubert et Duval a exposé ses salariés à l’amiante », surenchérit Franck Barse, par ailleurs secrétaire du Caper (Comité amiante prévenir et réparer) des Ancizes. À ce jour, 22 salariés ont attaqué l’entreprise de métallurgie pour faute inexcusable. « Huit ont gagné en première instance au tribunal des affaires de la Sécurité sociale de Clermont ainsi qu’en appel à Riom. Mais au lieu de faire profil bas, la société conteste et se pourvoit en cassation », précise Georges Renoux, délégué CGT. « La direction met tout en oeuvre contre ceux qui ont porté plainte pour en donner le moins possible. Même si les salariés gagnent, elle persiste dans les procédures d’appel », poursuit Pascal Perrot, délégué CGT. Mais chez Aubert et Duval, les malades sont bien plus nombreux. Près de 250 ouvriers seraient touchés par le fléau de l’amiante. « Beaucoup n’osent pas attaquer l’entreprise par peur. On leur dit "pensez aux autres" », explique Pascal Perrot.
la médecine du travail en cause
Alors que la loi sur l’amiante date de 1997, les salariés d’Auber et Duval n’ont réellement pris connaissance du fléau qu’en 2004. « Le plus malheureux, c’est qu’on avait un médecin du travail qui ne nous a jamais rien dit, dénonce Georges Renoux. La première réunion d’information, on l’a eue en 2004 quand nous, syndicat, avons soulevé le problème. Et là, on nous a répondu qu’il n’y avait plus d’amiante sur le site depuis 1993. » Or un rapport de 5 000 pages de Veritas révèle une présence massive d’amiante en… 2005. Ce que confirment les salariés aujourd’hui victimes. « 50 % de mon temps, je le passais à travailler l’amiante », indique Bernard Pourtier. « En tant qu’électricien au service aciérie, j’ai toujours été en contact avec l’amiante », précise pour sa part Franck Barse. « Je m’occupais de l’entretien des fours thermiques, du flocage des câbles électriques. De l’amiante, j’en manipulais », poursuit Christian Mogilka. Il faut rappeler que l’amiante est au coeur du process : sans calorifugeage, pas d’acier.
S’ils en veulent à la direction de l’entreprise, les salariés malades sont également très remontés contre leur ancien médecin du travail. « En vingt-huit ans, j’ai passé deux radios : une à l’embauche, une il y a trois ans. Il n’y a jamais eu de dépistage, de suivi », étaye Bernard Pourtier. Un autre de passer en revue la façon dont se déroulaient les visites médicales annuelles : « On nous disait "robuste, peut travailler" ou encore "sportif, bon physique, apte au travail" sans jamais nous conseiller de passer un examen. » « Même nos médecins de ville ont cautionné l’amiante, accuse Daniel Touret. Jamais on ne m’a demandé si je travaillais au contact de l’amiante. »
Pour les salariés, c’est trop. Face à l’entêtement de la direction à vouloir restreindre la portée du fléau, ils entendent dénoncer de tels agissements. Comme le souligne Georges Renoux, « Aubert et Duval continue encore aujourd’hui d’empoisonner les jeunes qui entrent dans les ateliers ». C’est d’ailleurs la raison qui a poussé la CGT et les salariés à engager une procédure de classement pour que le site soit désamianté. « L’entreprise n’a aucune volonté ni de programme pour désamianter (installations, plafonds, toitures) », dénonce la CGT de l’aciérie des Ancizes. Le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a jugé que la société rentrait bien dans la catégorie des métiers de calorifugeage et donc que le site pouvait être classé, mais la direction a, une fois de plus, fait appel de la décision au tribunal de Lyon. Verdict prévu fin 2008.
Source : http://www.humanite.fr
Atteint d’épaississements pleuraux (affection pulmonaire due à l’exposition prolongée à l’amiante), Bernard Pourtier, cinquante-huit ans, bénéficie d’une « retraite amiante » depuis 2005. Pour cet ancien électricien de l’usine Aubert et Duval des Ancizes (Puy-de-Dôme), société qu’il a d’ailleurs attaquée pour faute inexcusable, la reconnaissance de sa pathologie en maladie professionnelle a été un véritable parcours du combattant ; et ce n’est malheureusement pas terminé, l’entreprise de métallurgie dans laquelle il a travaillé trente-cinq ans usant de tous les moyens pour indemniser le moins possible les victimes. Dernier exemple en date : en préambule à l’expertise médicale demandée par le tribunal pour évaluer le montant de son préjudice subi, Bernard Pourtier a été accueilli par un éminent pneumologue parisien - spécialisé en tabacologie - qui s’est présenté à lui ainsi : « Je suis le docteur Dautzenberg. Je suis envoyé par Aubert et Duval. Je suis votre ennemi », se souvient Bernard Pourtier. Au cours de la consultation, ce dernier s’est ensuite entendu dire que ce qu’il ressentait, « c’est tout dans la tête » et qu’il faisait « une phobie ». Il est ressorti du cabinet avec un conseil d’ami : repasser un scanner pour être « enfin rassuré ». Exit, donc, les fréquentes douleurs thoraciques et le sentiment constant d’essoufflement. La reconnaissance de sa pathologie par la justice et la Sécurité sociale, scanners à l’appui ? Balayée d’un revers de main par le professeur, qui lui a répondu : « Vous savez, les médecins conseils de la Sécurité sociale, ils n’y connaissent rien », rapporte Bernard Pourtier.
Lui aussi ancien ouvrier d’Aubert et Duval, également en retraite amiante, François Porte, cinquante-quatre ans, a découvert au cours de son expertise médicale qu’il souffrait non pas de l’amiante, mais d’une « maladie de l’image ». « Le médecin qui m’a reçu a affirmé que j’aurais pu continuer à travailler. Mais moi, sachant que j’ai cette cochonnerie dans les poumons, pas question de rester là-haut à respirer ces saletés. Si on nous renvoie chez nous à cinquante ans, c’est bien qu’il y a une raison », s’emporte-t-il. Daniel Touret, lui, a été confronté à un médecin mandaté par Aubert et Duval mais aussi à un huissier. Une présence qui, dixit l’intéressé, lui a « coupé » tous ses « moyens ». « C’est comme si j’étais coupable, que j’étais à un interrogatoire », raconte cet homme vigoureux, qui s’est senti « rabaissé », « incapable de dire quoi que ce soit ». « Ce qui me chagrine le plus, c’est que j’étais là pour une expertise. Et lors de cette consultation, on m’a dit que mes plaques pleurales calcifiées, ce n’était en fait que des os. »
LA PEUR DE MOURIR TRÈS PROCHAINEMENT
Quant à l’angoisse de la maladie, la peur de mourir, il n’en est fait aucune mention dans ces expertises. Pourtant, tous ces solides gaillards ont peur. Et ils ne cessent de le dire. Extrait du rapport d’expertise du tribunal des affaires de Sécurité sociale (TASS) du Puy-de-Dôme de Claude Giraud, cinquante-cinq ans, fondeur chez Aubert et Duval de 1982 à 2004, atteint d’asbestose (déficience respiratoire aiguë) : « Au plan moral, M. Giraud dit avoir peur de présenter la même maladie que son père, qui est décédé à l’âge de soixante et un ans, et son oncle, et bien d’autres. Il se dit anxieux, a des doutes sur l’avenir. Il dit dormir difficilement. » Autre personne, autre rapport, même témoignage : celui de Franck Barse, cinquante-quatre ans, ouvrier de 1972 à 2004, aujourd’hui en retraite amiante : « Je suis très démoralisé par cette maladie et j’ai vraiment peur d’en mourir sans tarder. J’ai un bon collègue qui a été emporté en quatre mois par un mésothéliome du péritoine à cinquante-six ans. (…) J’estime qu’il ne me reste que peu de temps à vivre. Je stresse énormément de jour comme de nuit. Je dors mal, (…) il me semble que j’étouffe. J’ai même parfois des envies de suicide. J’ai été contraint de quitter l’entreprise suite à ma maladie, et j’ai donc eu une grosse perte de salaire, ce qui me donne un stress supplémentaire », précise-t-il dans le procès-verbal. Lors de son expertise médicale, Franck Barse dit avoir, lui aussi, à subir le « cynisme » du professeur mandaté par son ex-employeur, qui a « minimisé » ses atteintes pleurales.
À quarante-huit ans et demi, Christian Mogilka est déjà en maladie professionnelle, et ce depuis plus de deux ans. Ce technicien de maintenance attend avec impatience ses cinquante ans pour partir en retraite amiante. D’autant que « depuis qu’il a connaissance de sa maladie, il n’a pas d’avenir et ne sait pas s’il parviendra à la retraite », comme il est noté dans le rapport d’expertise du tribunal. Expertise où lui aussi a vu sa pathologie minorée. « Quand j’ai parlé de mon essoufflement, on m’a répondu que c’était à cause de ma surcharge pondérale », déplore-t-il, laminé par de telles considérations.
Pour le moment, ils sont une douzaine de malades, salariés ou ex-salariés d’Aubert et Duval, reconnus par la Sécurité sociale et la justice, à être passés par cette expertise. Et pour pratiquement tous, les souffrances endurées - qui serviront à évaluer le montant de l’indemnisation du préjudice - ont été quantifiées à… 2 sur une échelle allant de 1 à 7. Autant dire pratiquement la note minimale.
Le tort de ces salariés malades, c’est d’avoir osé attaquer Aubert et Duval pour faute inexcusable. « On ne veut pas faire fermer l’usine, comme nous accusent certains. Ce qu’on veut, c’est que l’individu soit reconnu avant le profit », insiste François Porte. « On n’aura pas forcément plus (d’argent - NDLR) que ceux qui ont opté pour le fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante (FIVA). Nous voulons juste que la justice reconnaisse qu’Aubert et Duval a exposé ses salariés à l’amiante », surenchérit Franck Barse, par ailleurs secrétaire du Caper (Comité amiante prévenir et réparer) des Ancizes. À ce jour, 22 salariés ont attaqué l’entreprise de métallurgie pour faute inexcusable. « Huit ont gagné en première instance au tribunal des affaires de la Sécurité sociale de Clermont ainsi qu’en appel à Riom. Mais au lieu de faire profil bas, la société conteste et se pourvoit en cassation », précise Georges Renoux, délégué CGT. « La direction met tout en oeuvre contre ceux qui ont porté plainte pour en donner le moins possible. Même si les salariés gagnent, elle persiste dans les procédures d’appel », poursuit Pascal Perrot, délégué CGT. Mais chez Aubert et Duval, les malades sont bien plus nombreux. Près de 250 ouvriers seraient touchés par le fléau de l’amiante. « Beaucoup n’osent pas attaquer l’entreprise par peur. On leur dit "pensez aux autres" », explique Pascal Perrot.
la médecine du travail en cause
Alors que la loi sur l’amiante date de 1997, les salariés d’Auber et Duval n’ont réellement pris connaissance du fléau qu’en 2004. « Le plus malheureux, c’est qu’on avait un médecin du travail qui ne nous a jamais rien dit, dénonce Georges Renoux. La première réunion d’information, on l’a eue en 2004 quand nous, syndicat, avons soulevé le problème. Et là, on nous a répondu qu’il n’y avait plus d’amiante sur le site depuis 1993. » Or un rapport de 5 000 pages de Veritas révèle une présence massive d’amiante en… 2005. Ce que confirment les salariés aujourd’hui victimes. « 50 % de mon temps, je le passais à travailler l’amiante », indique Bernard Pourtier. « En tant qu’électricien au service aciérie, j’ai toujours été en contact avec l’amiante », précise pour sa part Franck Barse. « Je m’occupais de l’entretien des fours thermiques, du flocage des câbles électriques. De l’amiante, j’en manipulais », poursuit Christian Mogilka. Il faut rappeler que l’amiante est au coeur du process : sans calorifugeage, pas d’acier.
S’ils en veulent à la direction de l’entreprise, les salariés malades sont également très remontés contre leur ancien médecin du travail. « En vingt-huit ans, j’ai passé deux radios : une à l’embauche, une il y a trois ans. Il n’y a jamais eu de dépistage, de suivi », étaye Bernard Pourtier. Un autre de passer en revue la façon dont se déroulaient les visites médicales annuelles : « On nous disait "robuste, peut travailler" ou encore "sportif, bon physique, apte au travail" sans jamais nous conseiller de passer un examen. » « Même nos médecins de ville ont cautionné l’amiante, accuse Daniel Touret. Jamais on ne m’a demandé si je travaillais au contact de l’amiante. »
Pour les salariés, c’est trop. Face à l’entêtement de la direction à vouloir restreindre la portée du fléau, ils entendent dénoncer de tels agissements. Comme le souligne Georges Renoux, « Aubert et Duval continue encore aujourd’hui d’empoisonner les jeunes qui entrent dans les ateliers ». C’est d’ailleurs la raison qui a poussé la CGT et les salariés à engager une procédure de classement pour que le site soit désamianté. « L’entreprise n’a aucune volonté ni de programme pour désamianter (installations, plafonds, toitures) », dénonce la CGT de l’aciérie des Ancizes. Le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a jugé que la société rentrait bien dans la catégorie des métiers de calorifugeage et donc que le site pouvait être classé, mais la direction a, une fois de plus, fait appel de la décision au tribunal de Lyon. Verdict prévu fin 2008.
Source : http://www.humanite.fr
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