vendredi 6 février 2009

Du nouveau dans la recherche contre le cancer

Au cours d'une conférence à Glasgow, un scientifique a annoncé que son équipe pourrait avoir découvert comment forcer les cellules cancéreuses à entrer dans le processus d'apoptose.
Il est reconnu que les cellules cancéreuses ont un gène défectueux nommé Smac, dont l'activité dans les cellules saines déclenche l'apoptose quand les cellules atteignent un certain âge. Le projet du docteur Iain McNeish, de l'unité d'oncologie moléculaire de Cancer Research UK à Londres, était de restaurer l'activité de Smac dans les cellules cancéreuses. Son approche par thérapie génique a confirmé des études antérieures, à savoir que Smac rendait les cellules ovariennes traitées plus sensibles aux agents utilisés en chimiothérapie, tels que la cisplatine et le paclitaxel. Iain McNeish a cependant montré pour la première fois que la modification génétique d'un virus en lui ajoutant le gène Smac pouvait être un moyen efficace par lui-même pour induire la mort cellulaire des cellules cancéreuses, sans l'action concertée des agents chimio-thérapeutiques. De plus, cette thérapie génique s'est montrée très sélective, Smac n'étant délivré par le virus qu'aux cellules malades, épargnant ainsi les cellules saines.Le mécanisme moléculaire par lequel Smac induit la mort cellulaire des cellules cancéreuses est le suivant : Smac inhibe l'activité d'une autre protéine appelée XIAP, elle-même jouant un rôle crucial dans la survie cellulaire, prévenant ainsi les cellules saines d'entrer en apoptose avant leur temps. En inhibant XIAP, Smac induit indirectement la mort cellulaire.
Smac est une molécule trop grosse pour pouvoir l'introduire directement comme une molécule synthétique anti-cancéreuse, mais Iain McNeish estime avoir contourné ce problème par l'introduction du gène dans le virus modifié.Ces résultats font suite à deux autres études, également poursuivies par des chercheurs de CRUK. Le système utilisé pour tenter de détruire spécifiquement le tissu cancéreux et préserver le tissu sain s'appuie cette fois sur une thérapie connue sous le nom de ADEPT (Antibody-directed enzyme prodrug therapy). Cette thérapie utilise une enzyme, la carboxypeptidase G2 (CP), qui métabolise une pro-molécule en une molécule anti-cancéreuse active, spécifiquement au sein des cellules cancéreuses (l'enzyme se lie aux cellules cancéreuses et non pas aux cellules saines). Cependant, cette enzyme n'existe pas naturellement chez l'homme, ce qui conduit l'organisme à fabriquer des anticorps après la première injection. À la seconde injection, ces anticorps détruisent l'enzyme avant qu'elle ne puisse agir. L'étude menée par le groupe " Targetting and Imaging " du CRUK à Londres a donc consisté à mettre en place un système pour que cette carboxypeptidase G2 ne soit pas reconnue par l'organisme comme un agent étranger. C'est grâce à une étiquette-masque (" tag "), attachée à une extrémité de l'enzyme et masquant ainsi ses caractéristiques proéminentes, que cette équipe a réussi à réduire la réponse immunitaire. Ainsi, au cours des essais cliniques, les patients recevant l'enzyme normale CP développaient un grand nombre d'anticorps, indiquant que l'organisme rejetterait de nouvelles tentatives avec le même traitement, alors que les patients recevant l'enzyme CP marquée produisaient une quantité significativement plus faible d'anticorps. Une autre équipe du CRUK, basée au centre clinique du CRUK à " Barts and The London, Queen Mary's School of Medicine and Dentistry " a, quant à elle, utilisé d'autres propriétés spécifiques des cellules cancéreuses pour délivrer une molécule anti-cancéreuse destinée à induire une mort cellulaire sélective. Par modification génétique, ces chercheurs ont supprimé les gènes viraux responsables de l'invisibilité du virus envers la cellule hôte qu'il infecte. Dans les conditions normales, lorsqu'un tel virus entre dans une cellule hôte saine, celle-ci se suicide et entre en apoptose afin de ne pas répliquer le virus, qui disparaît avec la cellule. En revanche, la désorganisation des voies de signalisation des cellules cancéreuses fait que celles-ci continuent de se diviser et se multiplier, entraînant la multiplication du virus et la propagation de l'infection au sein de tissu malade. Pour le professeur Nick Lemoine, leader de cette étude, l'étape suivante sera d'introduire dans ce virus un gène codant pour une molécule anti-cancéreuse, de telle façon à ce que ce " poison " se répande dans le tissu malade et épargne le tissu sain. De plus, puisque le virus se multiplie avec les cellules, un petit nombre de copies du virus sera nécessaire pour que le traitement soit efficace, les cellules cancéreuses faisant le reste du travail. L'équipe prévoit de faire les premiers essais cliniques en début d'année prochaine.Cette information est un extrait du BE Royaume-Uni numéro 47 du 29/07/2004 rédigé par l'Ambassade de France au Royaume-Uni. Les Bulletins Electroniques (BE) sont un service ADIT et sont accessibles gratuitement sur www.bulletins-electroniques.com
Source : http://www.informationhospitaliere.com/

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