lundi 2 février 2009

L'amiante, une bombe à retardement

L'association des victimes de l'amiante se mobilise contre une diminution des droits acquis. Elle veut prévenir pour éviter d'autres victimes.
L'Association départementale de défense des victimes de l'amiante de Loire-Atlantique (Addeva 44) compte chaque année davantage d'adhérents. « En 2007, nous avons dépassé le cap des 5 000 », a souligné Roland Hottelard, président sortant, lors de l'assemblée générale du 11 avril, au Vigneau, à Saint-Herblain. « Sur le secteur de Saint-Herblain, nous étions 287 personnes il y a quatre ans, nous sommes désormais plus de 1 000 », précise Jean-Paul Foucher, responsable du secteur. La mort les accompagne. Il y a quinze jours, un bénévole est décédé, emporté en moins de trois mois.Si les problèmes de l'amiante sont désormais bien identifiés dans l'industrie et les chantiers navals, il n'en va pas de même dans tous les domaines professionnels. Dans sa volonté d'entraide et de solidarité entre toutes les victimes de l'amiante, l'association se tourne désormais vers les métiers du bâtiment (électriciens, plombiers...) et vers les garagistes, eux aussi exposés. « Les plaques pleurales détectées chez certains sont des indices de contamination. Une véritable épée de Damoclès au-dessus de leur tête », explique le président.L'association a acquis des droits pour les victimes : reconnaissance en maladie professionnelle, indemnisation des préjudices par les tribunaux ou le Fiva (Fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante) et droit à la cessation anticipée d'activité. Mais concernant l'Acaata (Allocation de cessation anticipée d'activité des travailleurs de l'amiante), une révision du système est à l'étude, à l'initiative du ministre du Travail. L'Addeva s'est positionnée « pour que davantage de salariés ayant été exposés à l'amiante puissent partir plus tôt en préretraite et que le montant minimum de leur allocation, actuellement de 889 €, soit au moins égal au Smic ». L'heure étant aux économies, l'association craint la diminution des indemnisations et des droits à pouvoir en bénéficier.Côté prévention, l'Addeva se tourne vers les jeunes en formation. En mars dernier, elle est allée à la rencontre des élèves du lycée professionnel Michelet de Nantes, pour évoquer leur protection et leurs droits quand ils seront dans la vie active. Si l'amiante n'est plus utilisée, elle est encore en place un peu partout.
Ouest-France
Source : http://www.labaule.maville.com/

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