lundi 2 février 2009

Le Congrès du travail veut faire interdire l'amiante

Le comité exécutif du Congrès du travail du Canada (CTC) a voté vendredi une résolution enjoignant le CTC à faire pression sur le gouvernement fédéral pour éliminer graduellement l'utilisation et l'exportation de l'amiante. La même résolution est assortie d'une proposition de mesures transitoires pour les travailleurs du secteur de l'amiante.
Sur la trentaine de membres du comité exécutif du CTC, seuls le président de la FTQ, Michel Arsenault, et le directeur national des Métallos, Ken Neumann, ont voté contre, selon des informations obtenues par La Presse.La résolution sera présentée aux délégués réunis à partir de demain à Toronto pour l'assemblée triennale du CTC. Si les délégués en font le choix, ils pourraient débattre de cette résolution sur le plancher de l'assemblée.Joint par La Presse hier à Toronto, le président de la FTQ, Michel Arsenault, cachait mal sa déception et a tenu à marquer la dissidence de la FTQ sur cette question.«Il y a une psychose dans le Canada anglais quand on parle d'amiante, dit M. Arsenault. Il y a des gens qui sont convaincus que s'ils passent une fin de semaine à Thetford Mines, ils vont mourir.»«Il y a une différence entre le chrysotile (produit à Asbestos, Black Lake et Thetford Mines) et les autres types d'amiante. On a réussi, avec les années, à contrôler et à utiliser sécuritairement la fibre chrysotile. Il y en a qui ne veulent pas admettre ça.»Selon la FTQ, la décision du CTC est prématurée. «Il y a un comité d'experts de Santé Canada qui doit se prononcer sur cette question. Il faudrait attendre leur rapport.» Il n'a pas été possible de joindre Santé Canada hier pour en savoir plus sur ce comité d'experts.Le relationniste du Congrès du travail du Canada, Jean Wolff, a indiqué que le CTC ne ferait pas de commentaires sur la résolution en question, en précisant qu'il appartient d'abord aux délégués de l'assemblée d'en prendre connaissance.«On va continuer à faire la promotion sécuritaire de l'amiante chrysotile et on va attendre les résultats de Santé Canada», assure toutefois Michel Arsenault. «Il y a bien d'autres produits dangereux qu'on utilise et dont on est capable de minimiser les dangers», note-t-il.L'amiante représente environ 1000 emplois directs. Les mesures transitoires pour les travailleurs, évoquées dans la résolution du CTC, n'impressionnent pas beaucoup le président de la FTQ. «Je ne fonde pas beaucoup d'espoir là-dedans.»Dans un document intitulé Risques pour la santé reliés à l'amiante, Santé Canada souligne que «l'amiante chrysotile est moins puissante et entraîne moins d'effets secondaires sur la santé que l'amiante amphibole».L'organisme fédéral précise que «la chrysotile est la seule amiante serpentine présente dans presque tous les produits d'amiante aujourd'hui sur le marché et la plus exploitée».
Source : http://www.cyberpresse.ca/

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