samedi 7 février 2009

• « Le groupe d'expression permet de faire sortir la colère et la haine »

Une fois par mois, les personnes touchées par l'amiante (malades, épouses, veuves) se retrouvent dans un groupe d'expression à la Maison de promotion de la santé. Elles parlent, écoutent, pleurent, rient, bref se libèrent d'une « colère », d'une « haine » souvent lourdes à porter.
· « Quand nous avons créé l'association, en 1996, nous ne nous attendions pas à cet afflux de victimes et de familles. Et nous n'étions pas formés à entendre toute cette souffrance. Nous-mêmes, nous n'osions pas parler de notre maladie à nos proches », résume Pierre Pluta, président de l'Association régionale de défense des victimes de l'amiante. D'où l'idée de lancer un groupe d'expression où se retrouveraient ces hommes et ces femmes touchés dans leur corps ou dans leur âme. Celui-ci a été fondé après les marches des « veuves de l'amiante » (décembre 2004-janvier 2006), sur la suggestion de manifestants qui souhaitaient « garder des liens ».
Alors que commence la troisième saison, quelques participants dressent un bilan de ces réunions animées par Marie Maquaire (voir ci-dessous).
« On est venus sans savoir ce que c'était. On avait la souffrance d'avoir perdu un être cher. On peut pleurer, dire notre souffrance à Marie », explique Marie-Thérèse Duhayon. Pour Pierre Gilles, l'un des rares hommes inscrits, « Marie est à l'écoute de chacun d'entre nous ».
Ginette Handtschoewercker enchaîne : « Tout le monde se comprend. Il y a un climat de confiance. On sait que ce qui est dit ne sortira pas de là. » Marjorie Le Veziel raconte : « Après la mort de mon mari, je me disais : "Je ne viendrai pas ", mais en fait, cela permet de faire sortir la colère et la haine qui nous rongent. La mort nous rend plus fragiles. Discuter peut aider à éviter les conflits avec ses enfants. On ressort de la réunion plus calmes. » « Au début, on tient par la colère et la haine, confirme Christine Blondeel, mais on ne peut pas continuer toute sa vie comme cela. On va à la réunion pour voir les autres. Ce n'est pas être faible que de pleurer. » Colette Ozouf souligne : « Au départ, on se demande : "La réunion, qu'est-ce que ça va être ?" On sort de là déboussolés. On y retourne une deuxième fois pour voir ce que cela nous apportera. Au bout de deux ans, on a encore des choses à évacuer.
» Ils n'oublient cependant pas de délivrer une leçon d'optimisme : « On ne s'apitoie pas sur notre sort. On rit aussi beaucoup. »
Source : http://www.lavoixdunord.fr

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