Le tribunal des affaires de la sécurité sociale de Valenciennes a rendu son délibéré dans deux dossiers Akers montés par l'association ADELVA et défendus par le cabinet Teissonière, spécialisé dans la défense des victimes de l'amiante. La faute inexcusable de l'employeur a été reconnue. Elle ouvre à des réparations justes, financières et morales.
Deux ans presque jour pour jour après le décès François Reczynski, touché par une maladie professionnelle contractée après une exposition à l'amiante, Mme Reczynski n'a pas caché son émotion et son soulagement devant l'énoncé du jugement rendu par le TASS de Valenciennes.
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Mercredi, elle a sincèrement remercié, en son nom et celui de ses enfants, le collectif levallois d'ADELVA.
Les dossiers de son mari et celui de Julien Hoël, anciens ouvriers de l'entreprise Akers de Berlaimont, plaidés fin juin par Me Laforgue, ont abouti à la reconnaissance de la faute inexcusable de l'employeur. C'est une première et belle victoire, un moment symbolique, pour l'association ADELVA basée à Leval, qui défend les victimes de l'amiante en Sambre-Avesnois.
Pascal Thurette, président, et toute son équipe s'attendaient à ce résultat, gagné, a-t-il rappelé, après des mois d'un travail de fonds pour amasser les preuves, collecter les témoignages dont certains sont très difficiles à obtenir. « Jusqu'ici c'était le règne de la loi du silence à Vallourec Aulnoye. Les gens ont peur de parler. Mais cela bouge depuis quinze jours. », affirment deux syndicalistes CGT.
Pour l'association, ce premier jugement favorable est de bon augure pour les autres dossiers qui seront présentés en novembre, en provenance d'Akers, de Glaverbel et de Vallourec. « Cela apporte aussi de l'eau à notre moulin dans le cadre de la procédure de reconnaissance de l'usine Akers de Berlaimont en "site amiante" », a souligné Jacques Thurette.
Cette reconnaissance permettrait aux salariés de partir à 50 ans, avec 75 % de leur salaire, « voire même 100 %, comme la Cour de Paris vient de l'accorder à 36 métallurgistes », a précisé Serge Vasseur, secrétaire. C'est qu'il faut faire vite. Une proposition émanant du MEDEF voudrait qu'il n'y ait plus aucun dossier déposé après 2020, et que le nombre d'années d'exposition passe à cinq au lieu de trois. « Toutes les organisations syndicales préparent actuellement un contre projet ! », souligne, indigné, Jacques Thurette.
Cet été, à Lille, lors d'une assemblée générale, Michèle Demessine, sénatrice nordiste qui s'est particulièrement investie dans le dossier des victimes de l'amiante, déclarait que la Sambre-Avesnois avec son passé industrielle était « une bombe à retardement ».
Une catastrophe humaine et sanitaire que prédit également l'association de Leval : « les décès, les malades, ce ne sont pas des chiffres. Oui, cela s'accélère ici, c'est la réalité. ». ADELVA souhaiterait informer le public, sensibiliser en particulier les élus locaux lors d'une manifestion programmée avant la fin de l'année. Il est grand temps d'ouvrir les yeux. • FLORENCE DELSINNE
Source : http://www.lavoixdunord.fr/
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