Que ce soit envers des salariés d’entreprises sous-traitantes, ou bien envers des salariés d’autres secteurs d’activité, tant pour l’Association des malades de la Chimie (Amc) que pour le Caper Auvergne, la solidarité est de mise. Des partenariats se tissent aussi avec le Giscop 93. En vue, la création d’un collectif pour mutualiser compétences et expériences.
Michel Autissier a 65 ans. Ancien salarié de Nordon, une entreprise « extérieure » comme on appelle communément les sociétés sous-traittantes, qui intervient régulièrement chez Adisseo, à Commentry. Michel nettoyait les vannes et récurait les cuves de produits. Il est intervenu plusieurs années de suite chez Adisseo, durant des périodes assez courtes – deux mois environ, pendant l’été surtout – à la fin des années 1980. « En 1989-1990, précise-t-il, j’y ai aussi effectué un intérim de plusieurs mois. » Michel Autissier a effectué ces tâches de récurage dans de nombreux ateliers de l’ateliers de l’entreprise, y compris celui du fameux chloracétal C5, aujourd’hui reconnu à l’origine de nombreux cancers du rein [1]. « A chaque fois, j’étais asphyxié, là-dedans, raconte-t-il. Parfois nous intervenions sans gants. Nous n’avions pas de lunettes. On nous fournissait un casque et des chaussures de sécurité. Les bleus étaient à nous. » Michel a été opéré en juin dernier d’une tumeur importante au rein gauche. Il garde aussi des séquelles au pancréas.
Le cas de Michel n’est pas un cas isolé. L’Association des malades de la chimie (Amc), créée en 2003 par des salariés d’Adisseo et à l’origine de la reconnaissance, sur cette entreprise, des cancers du rein en maladies professionnelle [2], en recense aujourd’hui six. Tous ont travaillé pour des entreprises sous-traitantes. « Nous en avons de plus en plus, explique Christian Micaud, président de l’Amc. Nous savons que plus de 400 personnes sont passées dans l’entreprise, par le biais de diverses sociétés. Notre nouvelle bataille est de retrouver ces gens-là pour les faire bénéficier du suivi post-professionnel. Nous venons de retrouver quelqu’un sur Nîmes. Il y en a certainement dans d’autres régions ».
Rechercher toutes les personnes exposées : une question de solidarité La démarche est titanesque mais ne rebute pas les membres de l’association, de plus en plus nombreux. « Nous ne pouvons nous contenter d’avoir gagné ce suivi post-professionnel pour les salariés de l’entreprise et regarder les autres se débrouiller par eux-mêmes. C’est impossible. »
Cet argument du responsable de l’Amc, on le retouve quasiment à l’identique dans la bouche de Josette Roudaire, présidente du Caper Auvergne. L’ancienne ouvrière de chez Amisol, de tous les combats contre l’amiante dans la région Auvergne, formule : « Nous ne pouvons pas rester qu’entre nous, victimes de l’amiante. Faire jouer la solidarité en nous servant de notre expérience, de ce que nous avons vécu, nous paraît évident. » C’est ainsi que la présidente du Caper a animé, le 20 novembre, une réunion publique à Riom-ès-Montagne, dans le Cantal [3]. Là, ce sont les agents Cgt de France-Télécom qui s’inquiètent de microsources radioactives et d’éventuelles répercussions sur la santé (voir papier en Actus).
« Nous voulons créer un réseau militant, un collectif un peu informel », explique encore Josette Roudaire. Pour l’heure, des partenariats se sont tissés entre le Caper, l’Amc et le Giscop 93, en région parisienne. « Nous ne voulons pas, non plus, précise Josette, faire le guichet. Mais nous aidons à ce que cela se construise. » Après, lorsque les salariés se sont doté d’une structure sur la problématique spécifique des maladies professionnelles – cancers ou autres –, c’est un peu plus simple. « Nous passons souvent par la réparation, mais le tout c’est d’arrêter les agressions, voire les mutilations contre la santé », résume la présidente du Caper.
Source : http://www.viva.presse.fr
Michel Autissier a 65 ans. Ancien salarié de Nordon, une entreprise « extérieure » comme on appelle communément les sociétés sous-traittantes, qui intervient régulièrement chez Adisseo, à Commentry. Michel nettoyait les vannes et récurait les cuves de produits. Il est intervenu plusieurs années de suite chez Adisseo, durant des périodes assez courtes – deux mois environ, pendant l’été surtout – à la fin des années 1980. « En 1989-1990, précise-t-il, j’y ai aussi effectué un intérim de plusieurs mois. » Michel Autissier a effectué ces tâches de récurage dans de nombreux ateliers de l’ateliers de l’entreprise, y compris celui du fameux chloracétal C5, aujourd’hui reconnu à l’origine de nombreux cancers du rein [1]. « A chaque fois, j’étais asphyxié, là-dedans, raconte-t-il. Parfois nous intervenions sans gants. Nous n’avions pas de lunettes. On nous fournissait un casque et des chaussures de sécurité. Les bleus étaient à nous. » Michel a été opéré en juin dernier d’une tumeur importante au rein gauche. Il garde aussi des séquelles au pancréas.
Le cas de Michel n’est pas un cas isolé. L’Association des malades de la chimie (Amc), créée en 2003 par des salariés d’Adisseo et à l’origine de la reconnaissance, sur cette entreprise, des cancers du rein en maladies professionnelle [2], en recense aujourd’hui six. Tous ont travaillé pour des entreprises sous-traitantes. « Nous en avons de plus en plus, explique Christian Micaud, président de l’Amc. Nous savons que plus de 400 personnes sont passées dans l’entreprise, par le biais de diverses sociétés. Notre nouvelle bataille est de retrouver ces gens-là pour les faire bénéficier du suivi post-professionnel. Nous venons de retrouver quelqu’un sur Nîmes. Il y en a certainement dans d’autres régions ».
Rechercher toutes les personnes exposées : une question de solidarité La démarche est titanesque mais ne rebute pas les membres de l’association, de plus en plus nombreux. « Nous ne pouvons nous contenter d’avoir gagné ce suivi post-professionnel pour les salariés de l’entreprise et regarder les autres se débrouiller par eux-mêmes. C’est impossible. »
Cet argument du responsable de l’Amc, on le retouve quasiment à l’identique dans la bouche de Josette Roudaire, présidente du Caper Auvergne. L’ancienne ouvrière de chez Amisol, de tous les combats contre l’amiante dans la région Auvergne, formule : « Nous ne pouvons pas rester qu’entre nous, victimes de l’amiante. Faire jouer la solidarité en nous servant de notre expérience, de ce que nous avons vécu, nous paraît évident. » C’est ainsi que la présidente du Caper a animé, le 20 novembre, une réunion publique à Riom-ès-Montagne, dans le Cantal [3]. Là, ce sont les agents Cgt de France-Télécom qui s’inquiètent de microsources radioactives et d’éventuelles répercussions sur la santé (voir papier en Actus).
« Nous voulons créer un réseau militant, un collectif un peu informel », explique encore Josette Roudaire. Pour l’heure, des partenariats se sont tissés entre le Caper, l’Amc et le Giscop 93, en région parisienne. « Nous ne voulons pas, non plus, précise Josette, faire le guichet. Mais nous aidons à ce que cela se construise. » Après, lorsque les salariés se sont doté d’une structure sur la problématique spécifique des maladies professionnelles – cancers ou autres –, c’est un peu plus simple. « Nous passons souvent par la réparation, mais le tout c’est d’arrêter les agressions, voire les mutilations contre la santé », résume la présidente du Caper.
Source : http://www.viva.presse.fr
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