jeudi 5 février 2009

les salariés d'ex-Aviatube s'organisent

Quatre décès d'employés de Péchiney-Alcan, à Montreuil-Juigné, sont déjà imputés à l'amiante. Avec leur association, Addeva, les salariés veulent faire entendre leurs droits.
L'usine Aviatube, spécialisée dans l'aéronautique, a longtemps utilisé l'amiante en tant qu'isolant thermique. « On s'en servait pour calorifuger. L'amiante nous parvenait par plaques entières. Elles étaient débitées, sciées, coupées... et ce sans aucune protection. » Jean-François Ageniard, secrétaire CFTC du comité d'entreprise, est à l'origine de la création de l'association départementale de défense des victimes de l'amiante (Addeva), en avril dernier. « Aujourd'hui, avec l'intersyndicale, nous voulons être reconnus site amianté pour que les salariés disposent du dispositif national. »
Samedi, à Montreuil-Juigné, une cinquantaine de personnes ont rencontré Me Quinquis, avocat au barreau de Paris. « Nous nous organisons pour entamer toutes les procédures. Comment faire pour entrer dans le dispositif accordé, par exemple, à la construction navale, et être considérés comme victimes ? »
Bonne nouvelle, l'avocat leur a annoncé que le ministère du Travail reconnaissait, dans ses conclusions, « qu'il y a bien eu utilisation de l'amiante à Montreuil-Juigné, et qu'il y en a encore ». Sur cette présence, Jean-François Ageniard ajoute : « Cet été encore, on en a décelé dans un atelier. Et un nouveau plan de désamiantage a été mis en vigueur. » Le syndicaliste hausse alors le ton : « Qu'on arrête de nous mentir. Dernièrement, trois personnes, de 51 à 53 ans, sont parties en retraite anticipée, parce qu'au niveau pulmonaire, des plaques pleurales ont été décelées. C'est bien le signe évident qu'elles ont été exposées à l'amiante. »
Une dizaine de procédures
Depuis deux ans, le dossier amiante est ouvert sur le site de Montreuil-Juigné. « Déjà quatre décès peuvent être imputés. Entre 8 et 12 procédures sont en cours au tribunal des affaires sociales. Et, trois derniers cas viennent d'être découverts. » Alors avec le concours des juristes, les victimes se battent. « Les conclusions du ministère nous sont favorables, mais ce n'est pas gagné pour autant. Les avocats nous guident pour monter les dossiers, faire les expertises, établir les recours afin que les veuves et leurs enfants fassent entendre leurs droits. »
Cette reconnaissance d'amiante chez Alcan-Pechiney va permettre aux dossiers d'avancer plus rapidement. Mais les responsables d'Addeva n'en restent pas qu'au site de Montreuil-Juigné. « D'autres usines, dans le département, ont utilisé de l'amiante. Valéo, qui restaure des alternateurs, à Angers, ou Bosch, l'équipementier automobile, à Saint-Barthélemy-d'Anjou. » L'association départementale n'écarte aucune victime.
Yves LAUNAY.
On peut contacter l'Addeva, chaque dernier vendredi du mois, de 10 h à 12 h, salle du Parc, près de la mairie de Montreuil-Juigné. Tél. 06 13 57 27 15 et 06 86 01 01 55.
Source : http://www.cherbourg.maville.com/

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