Ils ont été exposés des années à l'amiante. Des salariés de la fonderie AFC sont inquiets. Certains sont malades et réclament des indemnités.
Dédé Rousseau, moustache de charbonnier, joues creusées, en a gros sur la patate. Derrière lui, il a 23 ans de boîte à la fonderie AFC (ancienne Armoricaine fonderie du Châtelet, derrière la chambre de commerce). Mais depuis un an, il est en arrêt professionnel. La cause ? L'amiante, qui a provoqué des lésions dans ses poumons.
L'amiante était partout
« J'ai des difficultés respiratoires. Je fais des bronchites chroniques. Avant, j'entraînais les gamins au foot, chez moi, à Saint-Dolay. Aujourd'hui, j'en suis incapable. » Un de ses anciens collègues, Jean-Claude Le Borgne, opine du chef : « J'ai travaillé 40 ans dans l'amiante à la fonderie. Je ne suis pas contaminé. Mais je passe des examens réguliers. Je suis inquiet. »
L'amiante était partout
L'amiante... Parmi les 220 salariés d'AFC, nombreux sont ceux qui y ont été exposés pendant une vingtaine d'années. Cet excellent isolant à la chaleur « était employé partout jusqu'à son interdiction en 1997, affirme Michel Esnaud, membre du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail de l'entreprise (CHSCT). Il servait à isoler les câbles électriques, à fabriquer les rideaux qui séparaient les postes de coulées. On taillait dedans au cutter, les fibres volaient. On ne savait pas que c'était dangereux. »
Aujourd'hui, face aux maladies qui se déclarent, « on reparle beaucoup d'amiante dans les ateliers, assure Frédéric Niger, délégué Lutte ouvrière dans l'entreprise. Et nous voulons savoir ce qui nous attend. »
Pour Roland Hottelard, président de l'association de défense des victimes de l'amiante en Loire-Atlantique, « même si les ouvriers ont été fortement exposés, tous ne vont pas développer des cancers de la plèvre. C'est le problème avec l'amiante : on ne se sait jamais. » Ce militant insiste toutefois auprès des salariés « pour qu'ils réagissent très vite. Et attention, une radio des poumons n'est pas suffisante : ils ont le droit à un dépistage par scanner. S'ils sont contaminés, ils peuvent aussi partir en préretraite dès 50 ans. »
Roland Hottelard prévient également qu'il existe des précédents d'entreprises condamnées pour « faute inexcusable ». « Des indemnités peuvent être versées. » Le hic, c'est que la fonderie ne figure pas sur la liste des sites amiantés en France. Par ailleurs, si certains salariés estiment que l'entreprise doit payer et se disent prêts à entamer des démarches, d'autres redoutent que ce combat nuise à leur outil de travail : « La fonderie m'a permis d'élever mes quatre enfants, lâche Michel Esnaud. J'aime mon boulot. Et puis, la relation entre la direction et les employés n'est pas mauvaise. Ils viennent de moderniser. On sait que ça va amener d'autres emplois. Bref, je n'en veux à personne. Je veux juste savoir ce que nous allons devenir. »
De son côté, le directeur de la fonderie, Christian Gaillard, ne souhaite pas s'étendre sur le sujet. Il se contente de signaler que « des informations sur l'amiante ont été délivrées aux salariés par un médecin du travail ». Elles n'ont pas porté, manifestement.
Yann-Armel HUET.
Pratique. Association de défense des victimes de l'amiante en Loire-Atlantique. Contact auprès de Patrick Savourel, tél. 06 81 60 86 54. Permanences, 15, rue D'Ahaut (à côté des ateliers municipaux), à Saint-Nicolas-de-Redon, le 2e et le 4e jeudi du mois, de 14 h à 17 h.
Source : http://www.redon.maville.com/
Dédé Rousseau, moustache de charbonnier, joues creusées, en a gros sur la patate. Derrière lui, il a 23 ans de boîte à la fonderie AFC (ancienne Armoricaine fonderie du Châtelet, derrière la chambre de commerce). Mais depuis un an, il est en arrêt professionnel. La cause ? L'amiante, qui a provoqué des lésions dans ses poumons.
L'amiante était partout
« J'ai des difficultés respiratoires. Je fais des bronchites chroniques. Avant, j'entraînais les gamins au foot, chez moi, à Saint-Dolay. Aujourd'hui, j'en suis incapable. » Un de ses anciens collègues, Jean-Claude Le Borgne, opine du chef : « J'ai travaillé 40 ans dans l'amiante à la fonderie. Je ne suis pas contaminé. Mais je passe des examens réguliers. Je suis inquiet. »
L'amiante était partout
L'amiante... Parmi les 220 salariés d'AFC, nombreux sont ceux qui y ont été exposés pendant une vingtaine d'années. Cet excellent isolant à la chaleur « était employé partout jusqu'à son interdiction en 1997, affirme Michel Esnaud, membre du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail de l'entreprise (CHSCT). Il servait à isoler les câbles électriques, à fabriquer les rideaux qui séparaient les postes de coulées. On taillait dedans au cutter, les fibres volaient. On ne savait pas que c'était dangereux. »
Aujourd'hui, face aux maladies qui se déclarent, « on reparle beaucoup d'amiante dans les ateliers, assure Frédéric Niger, délégué Lutte ouvrière dans l'entreprise. Et nous voulons savoir ce qui nous attend. »
Pour Roland Hottelard, président de l'association de défense des victimes de l'amiante en Loire-Atlantique, « même si les ouvriers ont été fortement exposés, tous ne vont pas développer des cancers de la plèvre. C'est le problème avec l'amiante : on ne se sait jamais. » Ce militant insiste toutefois auprès des salariés « pour qu'ils réagissent très vite. Et attention, une radio des poumons n'est pas suffisante : ils ont le droit à un dépistage par scanner. S'ils sont contaminés, ils peuvent aussi partir en préretraite dès 50 ans. »
Roland Hottelard prévient également qu'il existe des précédents d'entreprises condamnées pour « faute inexcusable ». « Des indemnités peuvent être versées. » Le hic, c'est que la fonderie ne figure pas sur la liste des sites amiantés en France. Par ailleurs, si certains salariés estiment que l'entreprise doit payer et se disent prêts à entamer des démarches, d'autres redoutent que ce combat nuise à leur outil de travail : « La fonderie m'a permis d'élever mes quatre enfants, lâche Michel Esnaud. J'aime mon boulot. Et puis, la relation entre la direction et les employés n'est pas mauvaise. Ils viennent de moderniser. On sait que ça va amener d'autres emplois. Bref, je n'en veux à personne. Je veux juste savoir ce que nous allons devenir. »
De son côté, le directeur de la fonderie, Christian Gaillard, ne souhaite pas s'étendre sur le sujet. Il se contente de signaler que « des informations sur l'amiante ont été délivrées aux salariés par un médecin du travail ». Elles n'ont pas porté, manifestement.
Yann-Armel HUET.
Pratique. Association de défense des victimes de l'amiante en Loire-Atlantique. Contact auprès de Patrick Savourel, tél. 06 81 60 86 54. Permanences, 15, rue D'Ahaut (à côté des ateliers municipaux), à Saint-Nicolas-de-Redon, le 2e et le 4e jeudi du mois, de 14 h à 17 h.
Source : http://www.redon.maville.com/
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire