lundi 22 juin 2009

« La solidarité européenne des victimes de l'amiante est en marche »


Une partie des victimes de l'amiante en France s'est donné rendez-vous, hier après-midi, dans les rues de Dunkerque. Et n'oublions pas la présence des Belges et des Italiens, le soutien écrit des Suisses et des Allemands.

« La solidarité européenne des victimes de l'amiante est en marche », lance Alain Guérif, président de l'Association nationale de défense des victimes de l'amiante (ANDEVA). Comment donner tort à ce retraité, militant syndical, ancien des Chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire (construction navale) et de Rhône Poulenc (pétrochimie) ?
Avant lui, sur la scène dressée au pied de la statue de Jean Bart, viennent de s'exprimer une vingtaine de représentants d'associations de victimes. Les accents trahissent les origines géographiques : la Drôme, l'Ardèche, l'Isère, la région parisienne, le Nord bien sûr, la Belgique et, pour les plus lointains, le nord de l'Italie... On compte une cinquantaine de ces Italiens venus en bus remercier l'ANDEVA de s'être déplacée le 6 avril, à Turin, lors de l'ouverture du procès contre Éternit. À leur tour, ils soutiennent les Français dans leur lutte pour obtenir « un procès pénal de l'amiante » et « le maintien d'un juge d'instruction indépendant », seul capable, selon eux, « d'instruire à charge et à décharge » les plaintes déposées depuis des années.
Au fil des discours et des rencontres se dessinent les liens tissés entre ces régions, ces pays. « Nous étions ensemble à Strasbourg en décembre, à Turin en avril, à Bruxelles en mai 2006 », rappelle Pierre Pluta, président de l'association régionale ARDEVA, au début de la manifestation.
À la tête d'une délégation de 60 adhérents de la CFDT (la plupart mineurs de fond et sidérurgistes ayant travaillé au contact de la fibre cancérogène), Marcel Amps, secrétaire général adjoint de l'Union régionale CFDT des retraités de Lorraine, explique : « C'est la deuxième fois que nous venons à Dunkerque. La première, c'était devant le tribunal pour soutenir nos camarades lors d'un jugement, en 2004 je crois. » « Nous sommes là par solidarité, pour porter les revendications de l'ANDEVA dans ce combat national, pour avoir plus de justice, poursuit-il. Les salariés ont été volontairement empoisonnés, les patrons connaissaient les dangers de l'amiante. » Pour lui, « la suppression du juge d'instruction est inacceptable ».
Deux veuves, Marjorie Le Véziel, de Vieille-Église, et Pascale Urru, de Trith-Saint-Léger, ne disent pas autre chose. Dans les lettres adressées à Nicolas Sarkozy, la première écrit : « Nos morts crient justice ! », la seconde : « Nous avons besoin de cette justice pour nous dire que mon mari, le père de mes enfants, n'est pas mort pour rien, qu'il n'est pas qu'un nom, un dossier, un numéro. » •

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