
Au côté de douze anciens salariés d'Alstom, victimes de l'amiante, il y avait hier au tribunal de Douai plusieurs dizaines de leurs collègues, des militants d'associations de défense des malades, le maire de Lys-lez-Lannoy... Ils ne sauront que le 30 septembre si la cour d'appel confirme la condamnation de l'entreprise à leur payer une rente.
Derrière la satisfaction d'avoir réussi cette mobilisation, il y a aussi un sentiment profond d'écoeurement. « Alstom a déjà été condamné pour mise en danger d'autrui et à de multiples reprises devant la tribunal des affaires de sécurité sociale. L'entreprise aurait pu faire profil bas mais il y a un réel acharnement pour faire reculer la procédure pour éviter de payer », commente Ghislaine Plé, la responsable du CAPRA, le Collectif d'accompagnement et de prévention du risque amiante. Détails de procédure, contestation de la validité de certaines pièces, tels ont été, aux yeux des victimes, les procédés utilités par l'avocat d'Alstom Un détail, qui n'en est pas forcément un du reste, « Alstom s'est désisté pour un dossier ». La raison de cet accès de mansuétude ? « La personne a un cancer. » Mais pour les autres, dont les pathologies sont plus « légères » ? « Alstom revient sur le principe de la rente et de la faute inexcusable. C'est très grave. L'avocat en est même venu à demander si les autres salariés étaient bien malades. C'est une réelle provocation. » La décision de la cour d'appel sera rendue le mercredi 30 septembre.
Outre le CAPRA, plusieurs associations avaient fait le déplacement à Douai : les Gaulois Energix qui avaient affrété un bus, mais aussi des victimes de l'amiante originaires d'autres villes, comme l'ADVASUD, qui soutient certains malades de la région dunkerquoise. « On va essayer de se rapprocher pour contrer de tels comportement des entreprises, car il n'y a pas qu'Alstom ! » C'est pour l'instant la situation des ex-salariés de l'usine de Lys-lez-Lannoy qui mobilise le plus. « On arrive à plus de vingt décès d'anciens salariés d'Alstom et à plus de cent malades. » Le compteur de drames n'est pas près de se bloquer. • M. G.
> Nous avons sollicité, en vain, le cabinet d'avocat de Me Michel Pradel, chargé par Alstom d'assurer la défense de l'entreprise, afin qu'il nous apporte son point de vue.
> Nous avons sollicité, en vain, le cabinet d'avocat de Me Michel Pradel, chargé par Alstom d'assurer la défense de l'entreprise, afin qu'il nous apporte son point de vue.
Source : http://www.lavoixdunord.fr/
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire