
Décédé en 2003, à l'âge de 56 ans, le mouleur Christian Delgosse vient d'être reconnu officiellement comme victime de l'amiante. Une première chez PSA.
«CHAQUE jour en France, dix personnes meurent à cause de l'amiante. En 2025, l'amiante aura tué 100.000 personnes. » Partant de ce constat, l'Andeva (Association nationale de défense des victimes de l'amiante) et sa déclinaison locale, l'Addeva 08, montent des dossiers sur les victimes de ce fléau, afin de faire reconnaître leurs droits.Le dossier de Christian Delgosse a été envoyé à la caisse primaire d'assurance-maladie des Ardennes en décembre. Il a été examiné en juin.Dans le courrier que la CPAM vient d'adresser à l'Addeva 08, elle rejoint les conclusions de l'association.À savoir que l'employé de la fonderie des Ayvelles est bel et bien décédé d'un cancer lié à l'amiante.« On a tous été amiantés »Christian Delgosse a travaillé chez Citroën, devenu PSA, de 1981 à 1991, puis de 1999 à 2003. En congé maladie cette même année, il est décédé quelques mois plus tard. Ceux qui exerçaient les mêmes fonctions que lui se souviennent des conditions de travail dans les années 80. Ainsi Marc (*), fondeur à l'usine depuis près de 30 ans.« Trois équipes de trente personnes se relayaient pour couler les pièces en aluminium, qu'il s'agisse de culasses ou de carters. On a tous été amiantés, car l'amiante était partout : dans les gants de protection anti-chaleur, dans les enduits, le briquetage des fours, les plaques pour isoler les fours, le dessous des moules. Dans le plaquage ou l'isolation, l'amiante était inévitable. »D'autres dossiers chez PSAAprès 15 ans dans les ateliers, Christian Delgosse décède. Quelques années plus tard, un second combat commence pour les siens : faire reconnaître qu'il est une victime de l'amiante.« C'est important pour trois raisons, » insiste Claude Huet, président de l'Addeva 08. « La première, c'est la reconnaissance pour le pauvre homme qui est décédé. La deuxième, c'est que ça ouvre des droits pour ses proches, et notamment sa veuve, qui va toucher une pension de réversion (**). Enfin, c'est capital pour la prévention, car ça incite les entreprises à se bouger et les ouvriers exposés à faire un bilan de santé. »La décision rendue par la CPAM n'a donc rien de symbolique. Elle va permettre à une femme de mieux vivre au quotidien. « Souvent, » relève Claude Huet, « entre le décès d'une victime de l'amiante et la prise en charge de la Sécurité sociale, il peut y avoir des années pendant lesquelles les veuves mangent des cailloux… »Si la disparition de Christian Delgosse est la première, en ce qui concerne PSA, à être reconnue maladie professionnelle amiante, ce n'est pas la seule. L'Addeva gère cinq autres dossiers d'ex-salariés de l'usine décédés. Trois sont complets et en attente d'une réponse.Il faut en moyenne quatre à cinq mois à la CPAM pour examiner un dossier.
Source : http://www.lunion.presse.fr/
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