vendredi 17 juillet 2009

Une rue comme vitrine pour l’asphalte-chrysotile Asbestos veut promouvoir la durabilité de cet enrobé bitumineux


Rare qu’une conférence de presse se tienne aux abords d’un chantier d’asphaltage! C’est pourtant ce que la Ville d’Asbestos et le Mouvement ProChrysotile québécois ont organisé lundi matin, l’application de la dernière couche de la 1re Avenue se voulant une autre «vitrine» pour promouvoir l’asphalte-chrysotile, un revêtement un peu plus cher peut-être (entre 10 et 15%), mais deux fois plus durable que le pavage classique, a fait valoir le maire Jean-Philippe Bachand.
Selon lui et Serge Boislard, président du Mouvement ProChrysotile, il n’y a aucun risque mesurable pour la santé ou pour l’environnement à utiliser des enrobés bitumineux additionnés de courtes fibres d’amiante (1,3%).Et ils souhaiteraient que le ministère des Transports, préoccupé par le développement durable, utilise plus souvent cet enrobé EGA-10 sur les routes du Québec. Annuellement, le ministère n’emploierait que quelque 100 000 tonnes d’amiante-chrysotile…, surtout sur les routes de la circonscription du député Yvon Vallières, a reconnu le directeur régional de l’entreprise Sintra, André Côté.«Tout est une question de précaution, croit le maire Bachand. Bien travaillé, il n’est pas plus nocif de travailler avec de l’amiante qu’avec d’autres produits comme la fibre de verre, l’uranium, les isotopes, etc. Et puis, de l’amiante, il y en a naturellement dans la croûte terrestre», a dit le maire Bachand.Par la conférence de presse, la Ville d’Asbestos et le Mouvement ProChrysotile veulent favoriser une plus grande utilisation de cet enrobé bitumineux du côté de Transports Québec, mais aussi chez les municipalités. Ils prétendent même que, parce ce type de revêtement résiste mieux à l’orniérage, il offre des surfaces de roulement plus sécuritaires.Sachant que l’amiante a bien «mauvaise publicité», les promoteurs de l’asphalte-chrysotile veulent convaincre les autorités sanitaires et la Commission de santé et de sécurité au travail (CSST) qu’il y a moyen de travailler sans danger avec cet enrobé bitumineux. La CSST surveillerait de très près la manipulation des sacs de produit et les opérations de «planage». Selon Serge Boislard, l’Institut national de santé publique mettrait des «bâtons dans les roues».À Asbestos, l’utilisation de cet enrobé bitumineux ne date pas d’hier et c’est ce qui fait dire au maire Bachand qu’il offre une grande durabilité. Construite avec ce revêtement en 1968, la Route 255 entre Asbestos et Danville n’a été resurfaçée que deux fois, a-t-on souligné, en 1989, puis en 2006. Le boulevard Industriel a été asphalté de la même manière en 1977 et il demeure en bonne condition, a également mentionné Serge Boislard.En 2001, la Ville d’Asbestos adoptait une politique pour utiliser, chaque fois, le composé d’asphalte-amiante. D’autres rues, Bergeron, Lafrance, Théode, de l’Amiante, Demers, 3e Avenue et 5e Avenue offrent ou offriront ce revêtement.Asbestos n’avait pas procédé à des travaux d'asphaltage depuis quatre ans ; voilà pourquoi elle profitait cette semaine de ce gros chantier sur la 1ère Avenue, un tronçon de 600 mètres.Chez Sintra, André Côté explique que d’utiliser le EGA-10 ne nécessite pas de machineries différentes. Certes, a-t-il dit, certaines précautions sont requises. Parce que l'asphalte-amiante comporte un peu plus de bitume que le standard (6,2% par rapport à 5%), les techniques d’application peuvent différer un peu (pour les temps de pause, par exemple). Et l'enrobé s’étale mieux par temps chaud.Le président du Mouvement ProChrysotile a profité de la conférence de presse pour féliciter le ministre délégué aux Ressources naturelles, Serge Simard, d’«avoir eu le courage d’inclure le soutien au chrysotile dans sa politique minérale du Québec».Il a ajouté que «n’en déplaise au groupe Ban Asbestos, l’humanité utilisait de plus en plus de chrysotile pour ses besoins essentiels», faisant allusion au fibro-ciment des canalisations d’aqueduc et d’égouts. «Que le Canada cesse un jour de produire et d’exporter du chrysotile ne changera rien à la situation». Selon lui, le Canada ne satisferait que les «groupes d'idéologues», laissant le champ libre à d'autres pays producteurs.


Heureusement que dans le reste du Canada on se débarrasse de ce maudit chrysotile. Ce n'est pas pour demain que les empoisonneurs Canadiens rendront des comptes à leurs victimes. MC

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