lundi 31 août 2009

La faute inexcusable d'Ugine reconnue pour un retraité airois


En septembre, un Airois de 70 ans et douze autres retraités d'Ugine Isbergues (aujourd'hui Arcelor Mittal) portaient plainte contre leur ancien employeur pour exposition à l'amiante. Le tribunal des affaires de sécurité sociales de Boulogne-sur-Mer vient de reconnaître la faute inexcusable de l'aciérie.

Quarante ans de labeur dans la centrale de fabrication d'hydrogène. Tout une carrière à protéger l'installation calorifuge. Une vie d'ouvrier à manipuler de l'amiante. À l'heure de la retraite, Iréné d'Almeida (*), 70 ans, souffre de plaques pleurales et d'une incapacité de 5 à 10 %.
D'autres de ces collègues d'Ugine ne souffrent même plus, disparus trop tôt à cause de l'amiante.
Regroupé à treize, en septembre, ils décident donc de poursuivre leur ancien employeur - Ugine Isbergues - pour exposition à l'amiante. Car tous sont reconnus malades professionnels et ont perçu 16 000 E du fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante (FIVA). « Mais ils voulaient que justice soit faite, qu'Ugine soit reconnu coupable », explique leur avocat béthunois, Me Loonis.
Mardi, le TASS de Boulogne a reconnu la faute inexcusable de l'employeur « en estimant que les dangers liés à l'amiante étaient connus depuis 1906 », explique Me Loonis. Même si le défenseur parisien de l'aciérie, Me Plichon, estime qu'on « pouvait ne pas savoir avant 1977 », il ne se montre pas surpris par ce jugement : « C'est classique, c'est comme ça dans 98 % des cas. Boulogne s'est aligné sur la position de la cour d'appel de Douai. » Hier, il ne savait pas encore s'il allait interjeter appel de cette décision. Et s'attendait même à ce qu'elle se réédite prochainement. Car trois juridictions doivent se prononcer sur ce dossier compte tenu des lieux de résidences différents des treize plaignants. Boulogne-sur-Mer a donné le ton pour le premier, Arras tranchera le sort de onze Isberguois en septembre et Lille celui d'un Hazebrouckois en octobre. •

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