Comme pour la « Jeanne d’Arc », les services de l’État pistent les
dangers lors de grands travaux.
Le découpage de la « Jeanne d'Arc » et du « Colbert » en est l'un
des exemples les plus emblématiques. Celui de ces grands chantiers de
désamiantage, ou de travaux qui s'effectuent sur des bâtiments et matériaux
amiantés. Ils se déroulent selon des règles très strictes, sur lesquelles la Direccte (direction régionale des
entreprises, de la concurrence, de la consommation du travail et de l'emploi) veille.
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Les services de l'État ont fait de la question de l'amiante « un
dossier prioritaire de l'inspection du travail », assure le directeur régional
adjoint de la Direccte, Philippe le Fur. Et pour cause, on trouve de l'amiante
à peu près partout, y compris dans les bureaux de l'État, comme à la
cité administrative de Bordeaux.L'amiante y est soit retirée, soit
encapsulée pour qu'aucune poussière ne s'échappe.
Mais ce n'est pas tout. L'amiante étant interdite depuis
1997, la plupart des bâtiments construits avant, contient de l'amiante, sous
une forme ou une autre.« C'est le cas pour 80 % des barres HLM en
Gironde », indique Béatrice Kissien-Schmit, responsable de l'unité de
contrôle régionale « amiante » à la Direccte. On pourrait également faire le
même constat sur les bâtiments des universités, et de nombreux bureaux
construits dans les années 60 et 70.
Le pont d'Aquitaine
C'est aussi le cas en ce moment des grands travaux de rénovation
de la gare, ou de la réfection du pont d'Aquitaine qui va durer tout cet été. «
C'est un chantier particulièrement complexe pour y protéger les salariés du
risque d'amiante », indique Béatrice Kissien-Schmit. Car les règles pour
intervenir sur des sites qui contiennent de l'amiante sont très précises, et
doivent s'appliquer à des niveaux très bas de présence d'amiante.
En théorie, une seule fibre ingérée peut être une source de
cancer. Les victimes se comptent déjà par milliers. Ainsi dans la région, elles
viennent de se fédérer en créant la Coordination des
associations de victimes de l'amiante et maladies professionnelles (Cavam). Elle
représente 3 000 familles adhérentes dont les membres souffrent d'asbestose, de
cancers et autres lésions pulmonaires dues aux fibres d'amiante.
C'est pourquoi l'intervention dans des zones amiantées réclame des
moyens de protection importants que beaucoup d'entreprises rechignent à payer.
Des combinaisons, des masques, des outils, des procédures très précises et
complexes. « Toutes les entreprises de second œuvre sont concernées. Nous
faisons un travail d'information, mais il n'est pas toujours facile », admet
Béatrice Kissien-Schmit. D'autant que les règles changent régulièrement, et de
nouveaux textes sont encore à venir.
Dans les faits, les obligations légales sont loin d'être
respectées, en particulier sur les chantiers de petite et moyenne
taille, alors que les gros comme ceux de la « Jeanne d'Arc » ou du pont
d'Aquitaine se déroulent presque toujours dans les clous. Le pôle
travail de la Direccte compte 50 personnes en Gironde, mais seulement deux
entièrement dédiées à cette question.
« Nous découvrons des situations qui ne sont pas normales, mais
souvent au hasard d'un contrôle », ajoute la responsable de la Direccte. 300
chantiers ont ainsi été arrêtés en Gironde ces dernières années pour
non-respect des règles de protection.
Source : http://www.sudouest.fr/

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