Quatre-vingt salariés et
ex-salariés de l'usine Bosch de Drancy (Seine-Saint-Denis), qui demandaient
réparation pour avoir été exposés à l'amiante, ont obtenu gain de cause
vendredi auprès de la cour d'appel de Paris et recevront 8.000 euros de
dommages et intérêts, a-t-on appris auprès de leur avocate.
L'équipementier automobile et
fabricant d'électroménager, qui avait acquis en 1996 l 'entreprise Allied
Signal (devenue Honeywell), va devoir indemniser les plaignants au titre du
"préjudice d'anxiété" et également s'acquitter de 300 euros par
personne au titre de l'article 700 du code de procédure civile (frais de
justice).
La cour d'appel a confirmé la
décision du conseil de prud'hommes de Bobigny qui, le 9 novembre 2014, avait
condamné Bosch à verser 5.000 euros aux 80 salariés et ex-salariés, parmi
lesquels figurent 15 femmes. Contactée par l'AFP, l'avocate de Bosch n'a pas
donné suite.
"La cour d'appel a donné la
même chose à tout le monde, qu'ils aient quitté ou non le site avant l'arrivée
de Bosch et qu'ils aient signé ou une transaction au moment de leur
licenciement", s'est félicitée Me Barbara Vrillac, l'avocate des salariés.
Pour l'avocate, qui réclamait
20.000 euros, la cour d'appel de Paris "s'est alignée" sur celle
d'Amiens qui avait indemnisé précédemment 600 salariés du site de Beauvais à
hauteur de 8.000 euros, en considérant que le préjudice subi était identique,
"qu'on soit à Paris ou à Amiens".
Le 8 juin, neuf autres anciens
salariés de l'usine de Drancy qui avaient saisi les prud'hommes de Bobigny
après la date de la prescription des faits, intervenue le 17 juin 2013, avaient
déjà obtenu 8.000 et 500 euros au titre de l'article 700.
L'usine de Drancy fabriquait des
freins dont les plaquettes étaient constituées en partie d'amiante.
Selon les témoignages de salariés
produits par Me Vrillac, les ouvriers travaillaient sans protection et sans
masque et, les ateliers n'étant pas isolés du reste de l'usine, la poussière se
déposait partout, y compris dans les services administratifs et jusque sur les
gobelets de la machine à café. Et l'usine rejetait les déchets d'amiante dans
un lac de décantation situé sur un terrain de jeux de la cité voisine.
Deuxième cause de maladie
professionnelle, l'amiante est interdite en France depuis 1997 mais la
dangerosité de ce matériau est connue depuis 1950. Près d'une victime sur trois
de l'amiante développe le cancer de la plèvre (avec une espérance de vie de 18
mois).
Le préjudice d'anxiété qui n'est
autre que l'inquiétude permanente de développer une maladie de l'amiante,
sachant que le pic de mortalité devrait être atteint entre 2025 et 2030, a été reconnu par un
arrêt de la Cour de Cassation de mai 2010.
Source : http://www.lepoint.fr/

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