Ce vendredi, l'association Kino propose
le film documentaire «Les Sentinelles», en présence du réalisateur Pierre
Pézerat. Henri Pézerat, chercheur et militant, a consacré la 2e moitié de sa
vie à défendre les victimes ouvrières contre les atteintes à la santé au travail.
Le film raconte comment il a été un acteur important de l'interdiction de
l'amiante en France, et comment, à sa mort en 2009, sa compagne Annie et
quelques autres ont repris le flambeau de sa lutte en créant l'association qui
porte son nom.
Josette
Roudaire et Jean-Marie Birbès étaient ouvriers, en contact avec l'amiante, Paul
François était agriculteur, malade à cause des pesticides.
Victimes
de l'amiante, des pesticides ou autres poisons, ces hommes et ces femmes
retrouvent leur dignité dans le combat pour faire reconnaître leur maladie et
demander des comptes à ceux qui les ont empoisonnés. Ce besoin de justice
s'affranchit totalement du cadre socioculturel de ceux qui sont victimes et
casse le clivage qui peut exister entre monde ouvrier et monde paysan. Amiante,
pesticides, au XXe ou XXIe siècle, les pratiques de certains industriels peu
scrupuleux et de leurs lobbies sont toujours les mêmes, et ça marche. Il s'agit
de produire au moindre prix une marchandise, quel qu'en soit son caractère
dangereux, puis d'organiser le mensonge sur sa non-dangerosité.
Toutes
les victimes sont passées par la moulinette du soupçon. Soupçon de
l'usurpateur, du dépressif, du fainéant, chacun raconte comment cela a été
terrible de subir ces accusations, y compris de la part de médecins. Le film
explique d'ailleurs la difficulté de la médecine à explorer le lien entre la
présence toujours plus importante de produits d'origine chimique dans
l'environnement et la montée du nombre de cancers en France. Il montre que
c'est avec la mobilisation des travailleurs de l'amiante et l'arrivée des
problèmes de santé chez les consommateurs que l'interdiction de l'amiante a pu
être possible.
En
gagnant son procès en appel contre Monsanto, Paul François montre combien la
victoire est belle, combien elle lui a coûté, et en quoi elle est hautement
symbolique et porteuse d'espoirs.
Source : http://www.ladepeche.fr/

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