lundi 11 juillet 2016

Valenciennes : le Comité Amiante Prévenir et Réparer «en a ras le bol» !

Colère, détermination et reconnaissance, voilà les causes qui ont conduit dernièrement le Comité Amiante Prévenir et Réparer (CAPER) de Thiant à manifester pour la première fois devant le tribunal des affaires de la Sécurité sociale (TASS) de Valenciennes, afin de faire entendre leur voix.
Il parle avec détermination de sa cause, celle de l’amiante. Il a le regard plein d’émotions quand il évoque les victimes de ce « poison ». « Il », c’est Jean-Michel Despres, président du Comité Amiante Prévenir et Réparer (CAPER) de Thiant qui se bat pour faire reconnaître les préjudices des victimes liés à l’exposition de l’amiante. Ainsi, le vendredi 15 juin dernier, accompagné de 70 membres de son association, Jean-Michel a manifesté devant le TASS de Valenciennes. Les audiences qui se raréfient et les reports cristallisent la colère des membres du comité.
« Les gens meurent sans dédommagement de leur vivant »
« Aujourd’hui il y en a marre ! Il y a un manque d’audiences au TASS de Valenciennes, donc nos dossiers tardent à être traités. Avant, nous étions convoqués tous les deux mois, maintenant c’est deux à trois fois par an. On a été reçu le 10 juin, la prochaine audience se tiendra le 2 décembre prochain. », a expliqué le président du comité, en colère. « Les délais sont de plus en plus longs et les gens meurent sans dédommagement de leur vivant. », ajoute-t-il.
Autre motif du mécontentement : le report incessant des audiences pour certains dossiers. «Les reports peuvent être reconduits de façon illimitée, si bien que cette fois sur 13 dossiers il y a eu 9 reports », nous apprend Jean-Michel Despres qui a son explication : « Les employeurs s’arrangent pour faire traîner les dossiers ».
Une remise en cause des préjudices ?
Un autre problème se pose, celui des préjudices extra-patrimoniaux qui concernent les préjudices physiques, moraux et d’agréments. Aujourd’hui, le dernier qui caractérise «l’impossibilité provisoire ou définitive, de continuer à pratiquer des activités de loisirs qui étaient régulières avant un accident », tend à disparaître. Et il ne serait plus dédommagé qu’à hauteur de zéro euro. Toutes les indemnisations seraient d’ailleurs revues à la baisse : « elles ont été divisées par trois depuis quinze ans », toujours selon le président du comité.
L’amiante tue tous les jours dix personnes en France. Le CAPER, c’est plus de 1489 dossiers traités depuis sa création en 1995. La mobilisation ne fait que commencer pour le CAPER qui promet de nouvelles actions dans les mois à venir devant les tribunaux régionaux.

Source : http://www.lavoixdunord.fr/

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