Colère,
détermination et reconnaissance, voilà les causes qui ont conduit dernièrement
le Comité Amiante Prévenir et Réparer (CAPER) de Thiant à manifester pour la
première fois devant le tribunal des affaires de la Sécurité sociale (TASS) de
Valenciennes, afin de faire entendre leur voix.
Il parle avec détermination de sa cause, celle
de l’amiante. Il a le regard plein d’émotions quand il évoque les victimes de
ce « poison ». « Il », c’est Jean-Michel Despres, président du Comité Amiante
Prévenir et Réparer (CAPER) de Thiant qui se bat pour faire reconnaître les
préjudices des victimes liés à l’exposition de l’amiante. Ainsi, le vendredi 15
juin dernier, accompagné de 70 membres de son association, Jean-Michel a
manifesté devant le TASS de Valenciennes. Les audiences qui se raréfient et les
reports cristallisent la colère des membres du comité.
« Les gens meurent sans dédommagement
de leur vivant »
« Aujourd’hui il y en a marre ! Il y a un manque d’audiences au TASS
de Valenciennes, donc nos dossiers tardent à être traités. Avant, nous étions
convoqués tous les deux mois, maintenant c’est deux à trois fois par an. On a
été reçu le 10 juin, la prochaine audience se tiendra le 2 décembre prochain. », a expliqué le président du comité, en colère. « Les délais sont de plus en plus longs et les gens meurent sans
dédommagement de leur vivant. », ajoute-t-il.
Autre motif du
mécontentement : le report incessant des audiences pour certains dossiers. «Les reports peuvent être
reconduits de façon illimitée, si bien que cette fois sur 13 dossiers il y a eu
9 reports », nous apprend
Jean-Michel Despres qui a son explication : « Les employeurs s’arrangent pour
faire traîner les dossiers ».
Une remise en cause des préjudices ?
Un autre problème se
pose, celui des préjudices extra-patrimoniaux qui concernent les préjudices
physiques, moraux et d’agréments. Aujourd’hui, le dernier qui caractérise «l’impossibilité provisoire ou
définitive, de continuer à pratiquer des activités de loisirs qui étaient
régulières avant un accident », tend à disparaître.
Et il ne serait plus dédommagé qu’à hauteur de zéro euro. Toutes les
indemnisations seraient d’ailleurs revues à la baisse : « elles ont été divisées par trois depuis quinze ans », toujours selon le président du comité.
L’amiante tue tous les
jours dix personnes en France. Le CAPER, c’est plus de 1489 dossiers traités
depuis sa création en 1995. La mobilisation ne fait que commencer pour le CAPER
qui promet de nouvelles actions dans les mois à venir devant les tribunaux
régionaux.
Source : http://www.lavoixdunord.fr/

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