lundi 26 septembre 2016

Saint-Quentin : les amiantés d’Unelec «déboutés et dégoûtés » par le tribunal

Le prononcé des prud’hommes a été rendu ce jeudi pour les 122 ex-Unelec. Mais la plupart ont été déboutés de leur(s) demande(s).
« Débouté et dégoûté. » Cet homme a travaillé de 1970 à 2002 chez Unelec. Il a fait prévaloir sa retraite anticipée en raison de l’amiante. Mais là, il se voit refuser une demande d’indemnisation liée à son exposition à la fibre. Comme la plupart des 122 ex-salariés de l’usine. Le prononcé a été rendu jeudi par le conseil de prud’hommes, cas par cas. Et n’est pas celui espéré.
Ceux qui n’ont pas eu gain de cause se voient condamnés à payer des sommes à l’une ou l’autre des sociétés attaquées – Hazemeyer, GE (General Electrics) Power control, Alstom Holdom –, parfois les trois. Et les « perdants » ne comprennent pas : « Certains doivent 33 euros, d’autres 50, d’autres 75… », relate l’un des plaignants.
Il a passé trente ans chez Unelec mais fait partie des déboutés. « Pour la plupart, on demande de donner de l’argent à des entreprises pour lesquelles on n’a jamais travaillé. » L’usine étant passée par différentes mains.
« Là, c’est une parodie de justice ! », estime Daniel Liénard, président de l’association Amiante Hazemeyer-Unelec. Pourtant, il fait partie des rares à avoir obtenu 4 000 euros au titre du préjudice d’anxiété et de la « modification des conditions d’existence ». Deux arguments développés par l’avocate des 122 anciens employés, lors de l’audience en avril.
« C’est l’écœurement total, glisse un des déboutés. Pendant dix mois, j’ai nettoyé des camions. Sans même un masque ! » « Il y en a qui sont restés dix ans qui ont touché, et d’autres qui ont travaillé et qui n’ont rien ! », réagit un autre. Parfois, ils étaient dans l’atelier, à quelques mètres. Les uns ont gagné, les autres perdu. La décision paraît d’autant plus injuste que, il y a tout juste un an, la même juridiction a donné raison à une cinquantaine d’ex-Hazemeyer, sur les mêmes questions, avec des indemnités allant de 4 000 à 10 000 euros.
Les ex-Unelec doivent désormais attendre d’avoir l’intégralité de la décision prud’homale pour connaître les motifs du rejet. Une réunion exceptionnelle se tiendra ensuite avec leur avocate pour décider de la suite. Mais tous n’ont qu’une idée en tête : faire appel.
Source : http://www.aisnenouvelle.fr/

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