lundi 5 décembre 2016

Eternit: charges réduites pour Stephan Schmidheiny

Turin (awp/ats/akr/ans) - Une juge italienne a réduit mardi les charges pesant sur Stephan Schmidheiny pour les décès dus à l'amiante en Italie. L'industriel suisse sera jugé pour homicide par négligence, et non plus pour homicide volontaire dans l'affaire "Eternit bis".
En conséquence, la juge turinoise Federica Bompieri a déclaré la prescription pour une centaine de cas et a renvoyé les autres aux parquets régionaux de Reggio Emilia, Naples et Vercelli. Stephan Schmidheiny sera jugé à Turin pour deux cas à partir du 14 juin 2017. L'avocat de l'homme d'affaires a salué "une grande victoire".
La présidente de l'association de la famille et des victimes de l'amiante (Afeva) de la commune de Casale Monferrato a fait part de sa profonde amertume à l'issue de cette audience. Elle veut continuer à se battre pour toutes les parties lésées à partir de l'an 2000.
La mairesse de la même commune s'est elle dite choquée par la solution proposée, mais contente de voir que le procès se poursuit, malgré le traitement prévu en différents endroits. "Nous allons continuer à lutter pour la justice, en particulier à la Cour de Vercelli", ajoute-t-elle.
Nouveau procès
Lors d'un premier dossier, la Cour de cassation italienne avait acquitté M. Schmidheiny en novembre 2014, jugeant les faits prescrits. Le parquet de Turin a peu après exigé la tenue d'un second procès contre M. Schmidheiny concernant 258 nouveaux décès liés à l'amiante dans les quatre usines transalpines du groupe Eternit S.p.a Gênes. Elle parlait d'homicide intentionnel.
Jusqu'à la faillite du groupe transalpin, survenue en 1986, M. Schmidheiny en était le plus grand actionnaire, puis le principal actionnaire. L'entreprise proposait des produits à base de fibres et ciments à l'amiante, comme des tuyaux, des éléments de façades et toitures ou des bacs à fleurs.
Des années de procès
Le parquet de Turin poursuit la procédure contre M. Schmidheiny depuis plus de dix ans. Celui-ci a, dans un premier temps, comparu au côté de son associé, le baron belge Jean-Louis de Cartier.
Le parquet a accusé les deux entrepreneurs d'avoir causé intentionnellement une catastrophe écologique et d'avoir délibérément omis de prendre des mesures de sécurité dans les usines Eternit italiennes. Trois mille cas de maladies et décès se sont ensuivis, selon lui.
Les deux hommes ont été jugés coupables en 2012 et condamnés à seize ans de prison et à des dédommagements de centaines de millions de francs. Un an plus tard, la peine a été alourdie à 18 ans de prison, avant d'être annulée en cassation. M. de Cartier est lui mort en cours de procédure et les poursuites contre lui ont par conséquent été abandonnées.
Source : https://www.zonebourse.com

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