Devant la lenteur des gouvernements successifs à classer les aciéries d’Isbergues en site amianté, le syndicat a décidé d’engager un recours devant le tribunal administratif de Lille
Depuis 2007, la section des retraités de la CFDT d’Isbergues se bat pour que les deux entreprises Aperam et Ugo soient inscrites sur la liste des entreprises amiantées. L’enjeu est d’importance puisque cela permettrait aux salariés qui ont travaillé dans ces entreprises entre 1950 et 1998 de bénéficier du dispositif ACAATA (retraite amiante), ouvrant ainsi un droit à un départ en retraite anticipé.
Sauf que le syndicat se heurte à une situation ubuesque. Car dans le même temps, l’usine Ugitech, en Haute-Savoie, a été reconnue site amianté. Les deux usines appartiennent pourtant au même groupe et utilisent des outils et des matériaux identiques. « Pourquoi appliquer des traitements différents pour des situations similaires ? » , s’interrogeait le député Michel Lefait dans une lettre adressée début 2015 au Garde des Sceaux. À ses yeux, le classement des aciéries d’Isbergues serait « légitime et justifié » et réparerait « un déni de justice. »
La semaine dernière, la CFDT a enfin reçu une réponse du ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas. « En vertu du principe de l’indépendance de la justice, il ne m’est pas permis de formuler une appréciation sur une décision de justice ni d’exprimer un avis sur le bien-fondé des droits de l’une des parties à un litige », écrit-il.
« Une nouvelle fois, nous sommes devant un ministre qui ne se mouille pas », se désole Christian Éveraere, à la tête de l’union locale. Mardi après-midi, devant les 200 adhérents de la section des retraités réunis en assemblée générale, il a été décidé de donner mandat à Me Loonis, avocat au barreau de Béthune, pour engager un recours devant le tribunal administratif de Lille.
Et les motifs sont nombreux. Ils tournent tous autour de la lenteur de l’État quant à prendre des décisions. « Nos adhérents nous disent de ne rien lâcher. Nous irons jusqu’au bout », promet Christian Éveraere. Quitte à saisir la cour de justice de l’Union européenne.
Source : http://www.lechodelalys.fr

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