vendredi 21 septembre 2007

INSPECTEURS DU TRAVAIL Entre le marteau et l’enclume


Dans de précédents articles, nous avons évoqué l’attitude passive des inspecteurs du travail vis-à-vis de l’empoisonnement des salariés.
D’ailleurs, nous avons déposé des plaintes pénales contre certains pour non assistance à personnes en danger.
Ces gens étaient ils responsables de notre empoisonnement ?
Pour le savoir, il suffit d’être patients.
De CORSE, nous avons probablement une partie de la réponse :
Bastia, janvier 2004 : des contrôleurs du travail voient une perceuse excavatrice attaquer le talus et la roche. Le chantier est en pleine zone amiantifère.
La réglementation est bafouée : pas de travail à l'humide, pas de protections individuelles. Les déblais sont chargés à la pelleteuse sur des camions à benne ni bâchés, ni arrosés, qui se rendent à une décharge sauvage pour déverser leur chargement. Le temps est sec. Un vent violent soulève des nuages de poussière...
Les contrôleurs du travail saisissent le TGI en référé, qui ordonne la mise en sécurité du chantier sous astreinte.
C'est le début d'une longue histoire faite d'infractions réitérées, d'interventions répétées de l'inspectrice du travail, d'arrêts de chantiers... avec toujours cette poussière chargée d'amiante que respirent tes travailleurs et les riverains...
Une histoire qui se poursuit devant tes tribunaux.
La SNC VENDASI est d'abord condamnée en référé (en février 2004) puis en appel (en décembre 2006) à 150 000 euros. Et, le 4 mai 2007 le tribunal correctionnel condamne la SNC VENDASI à indemniser ses salariés exposés à l’amiante, condamne le directeur administratif de la SNC, ainsi que le gérant d’une des sociétés du groupe à payer un total de 50 500 euros.
Monsieur VENDASI François, plusieurs fois condamné est relaxé….
L’instigatrice courageuse de cette action qui n’est ni plus ni moins qu’humanitaire, est Madame BURDY.
Madame BURDY mène depuis des années une action opiniâtre sur l'amiante en Corse : elle a élaboré dés 1998 une méthodologie d'intervention sur les terrains amiantifères.
Auditionnée par la mission amiante du Sénat, elle a alerté sur l'absence de protection des ouvriers des chantiers, les décharges sauvages, la réutilisation des déblais amiantes... Elle a ainsi contribué à une importante avancée de la réglementation (décret du 30 juin 2006).
Mais son dynamisme ne sera pas du goût de sa hiérarchie
Proposition de mutation, menaces de sanctions disciplinaires, harcèlement... tout y passe pour l’empêcher de faire son travail.
Cette affaire est probablement significative d’une situation ancienne
Nous comptons beaucoup sur l’audition des inspecteurs par les magistrats du pôle de santé publique, car certains vont probablement nous faire connaître les réels responsables de cette catastrophe sanitaire.
Si cela se confirme, nous ne serons plus devant la logique judiciaire de : négligences ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner.
L'association d'inspecteurs du travail L 611-10 a déposé une plainte auprès du Bureau International du Travail.
L'ANDEVA et ses associations locales assurent Madame BURDY de leur solidarité et interviendront à tous les niveaux pour que l’auteur ou les auteurs de ces pressions soient sanctionnés.
Source : Bulletin mensuel de l’ANDEVA
Si la Convention Européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales a prévu la protection de l’indépendance des magistrats, beaucoup reste à faire pour d’autres fonctionnaires qui, par leur travail, leur intégrité et leur probité, gênent les hommes influents et leurs complices.
Ce qui se résume entre protéger des humains et être muté aux îles Kerguelen, ou laisser les patrons voyous empoisonner leurs salariés.
Malgré l’interdiction de 1996, l’amiante ne se conjugue pas au passé.

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