mardi 31 mars 2009

Après une pause de trois ans, les marches reprennent le 14 avril


Le 14 avril, les « veuves de l'amiante » et tous ceux qui soutiennent leur combat en faveur d'un procès pénal vont reprendre leurs marches. Mot d'ordre des manifestations à Dunkerque (six) et à Paris (une) : réclamer le maintien du juge d'instruction et davantage d'effectifs à l'office central chargé des enquêtes.

Quand et où ?- Les marches auront lieu les mardis 14 avril, 12 mai, 15 septembre, 17 novembre et 15 décembre, de 10 h à 11 h, autour du palais de justice. Elles emprunteront le même parcours que les quatorze marches silencieuses organisées entre décembre 2004 et janvier 2006. Une minute de recueillement sera observée sur la place de la République. Une lettre adressée au président de la République sera déposée à la sous-préfecture. Une prise de parole aura lieu à la fin.
Vers la mi-juin (la date reste à préciser), l'ensemble des réseaux de l'Association nationale de défense des victimes de l'amiante (ANDEVA) viendrait à Dunkerque pour une grande manifestation, sur un parcours différent.
En octobre, les Dunkerquois participeront à la manifestation nationale organisée à Paris.
Cette reprise des marches est la seule action décidée lors du « conseil d'administration élargi » de l'ARDEVA (Association régionale de défense des victimes de l'amiante), mercredi après-midi, à Dunkerque (voir nos éditions de mardi et de jeudi).
Qui va participer ?- Comme lors des marches précédentes, on devrait retrouver les veuves de l'amiante avec les portraits de leurs défunts maris en première ligne, des malades, des associations de défense des victimes, des élus, des syndicalistes, des citoyens de base touchés par cette question de santé publique et venus lutter « pour la justice, contre l'oubli ». Une nouveauté : un appel sera lancé à tous les magistrats pour qu'eux aussi viennent manifester.
Pourquoi reprendre les marches ?- « La suppression du juge d'instruction, c'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase !
», s'exclame Pierre Pluta, président de l'ARDEVA. Nicolas Sarkozy avait proposé, en janvier, de remplacer le juge d'instruction par le juge de l'instruction. L'association y voit une menace : « Cette suppression va aboutir à ce que ce soit le pouvoir politique qui décide quel dossier sera ou ne sera pas instruit (...) Cela sera le cas des dossiers sensibles comme l'amiante, mais aussi d'autres dossiers » (détournement d'argent, santé publique comme avec les victimes du nuage radioactif de Tchernobyl...).
L'ANDEVA et l'ARDEVA relaient l'inquiétude des juges d'instruction au sujet de la diminution des effectifs de l'OCLAESP (Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique) chargés des enquêtes.
Dans le même temps, estime M. Pluta, il existe suffisamment d'enquêteurs dans les cellules amiante créées il y a quelques années dans les régions.
Quel bilan tirer des marches des veuves ?- « Il est clairement établi que s'il n'y avait pas eu de marches des veuves, il n'y aurait pas eu aujourd'hui d'instruction pénale du procès de l'amiante. On ne peut que dire que ces marches ont été un succès », résume Pierre Pluta. Il cite le cas des plaintes regroupés au pôle judiciaire de santé publique à Paris pour instruction et la création des cellules d'officiers de police judiciaire.
Début 2006, les marches avaient été « suspendues » - et pas supprimées. Il fallait laisser du temps aux magistrats et aux gendarmes pour travailler. Le 14 avril, l'heure ne sera plus à la patience, mais à la mobilisation. •

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