vendredi 6 mars 2009

Le désamiantage : place nette à tous les étages

Interdit en France depuis 1997, l'amiante est toujours présent dans les bâtiments construits avant cette date. Des dizaines de millions de mètres carrés de matériaux amiantés sont encore en place et attendent d’être déposés par des ouvriers formés à des techniques spécifiques. À la Garenne-Colombes, près de Paris, sur le site de la tour Charlebourg, nous avons rencontré une équipe de la société Stips Ti en cours d’opération.Dans le cadre de la réhabilitation lourde du bâtiment, STIPS TI, société spécialisée depuis 1996 dans le désamiantage, est en charge du curage, du désamiantage et de la dépose des châssis de fenêtres de la tour Charlebourg, composée de 15 niveaux de plateaux, 1 RDC et 2 niveaux de sous-sol. « La totalité des niveaux est aujourd’hui décontaminée, explique Abdel Mourzik chef d’équipe, et nous travaillons actuellement en sous-sol. Il reste également un étage en phase libératoire où nous attendons le résultat des analyses avant de procéder au démontage de la base vie ».La base vie représente une zone tampon et étanche entre l’extérieur et le lieu à décontaminer. À l’intérieur, des dépresseurs tournent à plein régime et maintiennent l’enceinte en constante dépression. « Ils contiennent deux filtres, dont l’un dit absolu, retient 99,999 % de l’amiante mis en suspension dans l’air pendant les travaux. Ce dernier filtre toxique n’est pas changé par nos soins, mais uniquement par le constructeur. Une pompe permet de mesurer le pourcentage d’amiante avant, pendant et après les travaux. Il faut savoir qu’une zone ne peut être libérée que si elle contient moins de 5 fibres d’amiante par litre d’air », ajoute-t-il.La base vie, c’est également le lieu par où sortent les déchets soigneusement emballés dans un sac lui-même placé dans deux big bag fermés en col de cygne. Pour les matériaux non-poreux qui sont nettoyés au karcher, c’est aussi là qu’est traitée par procédé de filtration, l’eau de nettoyage. Mais la base vie, c’est aussi et surtout la zone blanche où les ouvriers se protègent contre les risques liés à l'inhalation de poussières d'amiante. Avant chaque intervention, les ouvriers se déshabillent intégralement et enfilent des sous-vêtements à usage unique. La combinaison, puis les gants, les surchausses et enfin le masque à ventilation assistée ou à adduction d’air pour les chantiers très pollués. « La chaleur est notre pire ennemi, raconte Abdel Mourzik. Généralement les vacations durent 2 h et sont suivies d’un repos de 20 mn. Mais à 35 °C par exemple, les ouvriers ne doivent jamais travailler plus de 10 mn de suite. Et il ne faut pas oublier que les sorties de zone prennent toujours un certain temps ». Il est vrai que la procédure n’est pas de tout repos : tout d’abord, se dépoussiérer avec la combinaison, puis prendre une douche de décontamination, se déshabiller et prendre une douche corporelle au savon, enlever son masque, et se laver à nouveau complètement. « Mais le travail est moins pénible qu’avant, témoigne un ouvrier. On évite de travailler à la grenailleuse qui produit beaucoup de poussière, et l’usage des balais est maintenant interdit. Les aspirateurs à eau et à poussière sont bien plus pratiques ! »

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