Des milliers de mètres carrés d'amiante fibrociment restent posés sur les toits de Côte-d'Or. Une source de danger que beaucoup ignorent…LA scène se passe près du boulevard Carnot à Dijon, sous les yeux d'un architecte, aujourd'hui retraité. Un jeune homme, monté sur le toit d'une batterie de garages, brosse énergiquement le revêtement en amiante fibrociment. Avec les beaux jours, il racle les mousses qui salissent la construction. Une fine poussière s'élève autour de l'étudiant, qui gagne ainsi un peu d'argent de poche. « Je suis allé lui parler pour lui expliquer les risques qu'il prenait avec sa santé », témoigne le Dijonnais Denis Furlan. « Sur le coup, il n'était pas très content, mais par la suite, il est venu sonner à ma porte pour me remercier… Dès qu'il fait beau, on assiste à ce genre de scène ! », se navre celui qui veut que chacun prenne conscience des dangers que représente la manipulation sans précaution de certains matériaux contenant de l'amiante. « Beaucoup de personnes ne font pas le rapport ; pour l'exemple que je viens de citer, le toit est en amiante-ciment, plus communément appelé fibrociment ; un type de matériau où l'amiante est utilisé comme structurant en mélange avec du ciment. Malheureusement, on trouve de l'amiante dans beaucoup d'endroits : sols, plafonds, isolation, canalisations, joints, bacs à fleurs… ».Entrepôts, ateliers, hangars agricoles, laboratoires, préaux… les toits en amiante fibrociment recouvrent encore de nombreux bâtiments. « Il reste des milliers de mètres carrés dans le département de la Côte-d'Or ! Il y a aussi de l'amiante ailleurs. ll n'y a qu'à voir le problème de la faculté de Jussieu, pour se rendre compte qu'on en découvre partout… En fait, on en manipule parfois, sans savoir que c'en est ! »Des poussières cancérigènesLorsqu'ils sont en bon état, ces matériaux ne présentent en principe pas de danger pour les utilisateurs, mais lorsqu'ils deviennent poreux, qu'ils sont frottés, ou que des poussières s'en échappent, ils sont très nocifs pour la santé. Les poussières inhalées se fixent dans l'appareil respiratoire (notre encadré).S'il a fallu de nombreuses années pour accepter l'idée que l'amiante était dangereux, les cancers développés après avoir travaillé au contact de l'amiante sont aujourd'hui reconnus comme maladie professionnelle ; mais tous les particuliers bricoleurs n'ont pas pris conscience des enjeux…Prendre des précautionsPerçage, grattage, destruction… les travaux de bricolage dégageant des poussières ne peuvent être réalisés sans précaution. C'est pourquoi, il est nécessaire de faire appel à une entreprise spécialisée.« Mais le désamiantage coûte un fric fou ! » dénonce un chef d'entreprise de la région dijonnaise ayant travaillé quatre ans dans ce domaine. En raison des « contraintes imposées par l'inspection du travail », il évoque des coûts devenus « irraisonnables. J'ai arrêté de travailler dans ce secteur parce que cela devenait ridicule. »Trop cher« Les devis trop importants dissuadent les clients de réaliser les travaux. Du coup, ils vont acheter une paire de gants, une combinaison et un masque pour les faire eux-mêmes. Et on va retrouver ces plaques au fond de sacs poubelles, dans les ordures ménagères… La ville de Beaune m'avait appelé car de l'amiante avait été retrouvé dans un bois. Dans le secteur agricole, même si ce n'est pas une généralité, il y en a beaucoup qui font le travail eux-mêmes ; ils creusent un trou dans un champ, et ils rebouchent. La surréglementation n'a pas eu que des effets positifs ! »Anne-Françoise BAILLY
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